Les deux otages italiens Sergio Cicala et sa femme Philomène Kaboré, détenus depuis le 18 décembre par Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) sont toujours en sursis. Après la fin de l'ultimatum du 1er mars 2010, la branche maghrébine d'Al Qaida a mis sur la balance la vie des trois humanitaires espagnols détenus dans le nord du Mali pour obtenir la libération de combattants islamistes, détenus en Mauritanie.
Au moment où tout le monde s'attendait à une exécution du couple italien, Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi) a décidé de revoir son plan d'attaque pour mieux convaincre le gouvernement mauritanien à libérer les combattants islamistes écroués en Mauritanie. Jouant leur va-tout dans ce deuxième ultimatum pour obtenir la libération de leurs amis prisonniers, ils viennent d'ajouter sur la table des négociations, le Royaume de Zapatero, avec comme promesse, la remise en liberté des trois humanitaires espagnols. Un deuxième ultimatum que le gouvernement mauritanien a balayé d'un revers de la main. Par la voie de son Premier ministre, Ould Laghdaf, le gouvernement mauritanien déclare sa ferme volonté de ne pas 'négocier avec les terroristes'. Et pour marteler leur position à propos d'éventuelles négociations avec les groupes armés de l'Aqmi, Ould Mohamed Laghdhaf a confirmé jeudi, lors d'une conférence de presse, qu'il n'y aura pas de négociations avec les terroristes 'Nous allons tout faire pour la libération des otages mais nous sommes contre les échanges et contre le paiement de rançons. Si on accepte cette fois, on acceptera la prochaine fois', note-t-il.
Ainsi une semaine après la libération par le gouvernement malien de quatre éléments d'Al Qaida dont un Mauritanien en échange de l'otage français Pierre Camatte, le pays du président Ould Abdel Aziz ne semble pas dans les dispositions de répondre aux menaces d'Al Qaida. Un niet catégorique des autorités mauritaniennes qui était probable, cinq jours après l'accrochage entre l'armée mauritanienne et des combattants islamistes au Nord de la Mauritanie. Un accrochage qui avait permis à l'armée mauritanienne de capturer une dizaine de combattants islamistes, plus un arsenal d'armes et plusieurs kilos de cocaïne.
Décidée à faire de la lutte contre le terrorisme son cheval de bataille, la Mauritanie avait vu d'un mauvais oeil la libération par le gouvernement malien des quatre combattants islamistes. Pour ne pas mettre le couteau dans la plaie, Ould Laghdaf a rappelé, lors de la conférence presse, les liens solides et séculaires qui unissent la Mauritanie et le Mali.
En tout cas, cette guerre des nerfs entre la Mauritanie et les combattants risque de coûter cher aux otages espagnols et italiens.

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