Fasozine (Ouagadougou)

Nigeria: Arrêtez de tuer au nom de Dieu!

billet

une femme pleurant sur le lieu de massacre du village de Dogon Na Hauwa à Jos (Photo Courtesy Vanguard)

Alors que le plus important des commandements de Dieu est d'aimer son prochain comme soi même, au Nigeria, on aiguise désormais les machettes pour tuer son prochain au nom de Dieu.

Le fait est devenu si coutumier que dans l'Etat de Jos et de ses environs, plus un mois ne passe sans que des violences interreligieuses ne fassent des centaines de morts. Pire, ce sont les femmes et les enfants, c'est-à-dire les fanges les plus faibles de la population, qui paient le lourd tribut à cette atroce bêtise humaine. Si on n'arrive pas à s'accorder sur le bilan macabre du carnage du dimanche 7 mars dernier dans trois villages chrétiens au sud de la ville de Jos, l'unanimité est faite sur le fait que les victimes, lacérées à la machette ou brûlées sont, en majorité, des femmes et des enfants.

L'un des plus puissants Etats de l'Afrique, politiquement et économiquement, est par contre impuissant face à ce mal endémique qui, comme un mauvais sort, s'acharne contre ses habitants. Faut-il voir derrière ces massacres entre musulmans et chrétiens, l'échec de la politique de sécurité intérieure ou simplement celui du système fédéral dans sa globalité? Ou alors, cette situation est-elle le fruit de la montée en puissance de Al Qaïda dans ce pays trop peuplé, où le désordre s'érige en règle? En définitive, c'est la conjonction de tous ces facteurs, ajoutée à l'incurie des gouvernants à assurer une répartition équitable des richesses issues notamment de la production du pétrole, qui rend le cocktail nigérian explosif à tous les coups.

Malheureusement, le sort s'acharne doublement sur ce pays, en mettant à sa tête un président, musulman, qui passait plus de temps sur les lits d'hôpitaux étrangers, que dans son palais d'Abuja. Certes, il est rentré récemment au Nigeria, en provenance d'Abu Dhabi, où il bénéficiait de soins, mais dans quel état, peut-on se demander, surtout que ce retour a été entouré d'une opacité dure à couper à la... machette. L'intérimaire de Yar'Adua, chrétien de confession religieuse, n'arrive visiblement pas à avoir la main de fer qu'il faut pour conduire le Nigeria. Contrairement à son nom, le bien nommé Jonathan Goodluck manque visiblement de chance. Avec toute sa foi, saura-t-il inculquer aux Nigérians, les vertus du dialogue interreligieux comme solution à ces violences qui pourraient conduire le géant de l'Afrique de l'Ouest tout droit vers une autre guerre civile?

C'est une autre paire de manches pour le président par intérim, déjà confronté à des maux comme la corruption et à la ténacité des rebelles du Mend, qui ne manquent aucune occasion pour montrer qu'il faut compter avec eux, dans la gestion de la manne pétrolière.


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