C'est un constat aussi déplorable qu'amer que celui des retombées de la violence contre la femme dans le monde arabe.
L'écart entre les principes législatifs fondamentaux convenus et adoptés dans la plupart des pays arabes n'empêchent pas la persistance du phénomène qui prend d'autant plus d'ampleur qu'il demeure inavoué par les victimes elles-mêmes. Ce qui pose un problème pour la recherche, mais aussi pour tout l'appareil judiciaire susceptible de veiller à l'application de la législation.
La question se pose essentiellement de savoir comment mesurer l'ampleur du phénomène en l'absence d'un éclairage pluridisciplinaire : statistique, sociologique, psychologique ?
Une autre complication dans l'approche de ce phénomène : si la violence physique et matérielle demeure un tant soit peu mesurable en termes de dégâts (encore faut-il la dénoncer et en saisir qui de droit) peut-on en dire autant de la violence symbolique ?
Alors que dans des pays comme la Tunisie, la Jordanie, l'Egypte et le Liban, la question de la promotion de la femme s'insère désormais dans la perspective de la promotion du genre, d'autres pays arabes sont encore à la traîne et hésitent à mettre en pratique les lois internationales contre la discrimination sexiste, au nom de la spécificité religieuse et culturelle.
Entraver l'accès de la femme à ses droits élémentaires, la cloîtrer dans des rôles traditionnels éculés et caducs sont autant d'obstacles qui retardent voire immobilisent l'énergie et la potentialité de la moitié de la population arabe.
Par ricochet, cela revient à dire pour autant que les femmes sont les gardiennes et les garantes de l'éducation et de la formation sociale et psychologique des jeunes générations, que l'autre moitié s'en trouve fragilisée.
Cela ni la spécificité culturelle ni la religion ne le suggèrent. Autant dire qu'il s'agit plutôt d'un état d'esprit qui a du mal à s'adapter à l'évolutivité qui sous-tend les principes fondamentaux de la culture et de la religion.
Résoudre le décalage entre la loi, les conventions internationales et le vécu des femmes arabes est sans doute une affaire qui revient essentiellement et prioritairement à l'éducation, à l'instruction.
C'est à ce niveau que devraient être conçus les garde-fous susceptibles d'empêcher la tendance à la violence contre la femme dans ses deux formes matérielle et symbolique.

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