America.gov (Washington, DC)

Soudan: Les États-Unis reprochent à l'ONU son inaction

L'embargo sur les armes imposé contre le Soudan par le Conseil de sécurité de l'ONU depuis 2005 fait fréquemment l'objet de transgressions majeures, a déclaré la représentante permanente des États-Unis auprès de l'ONU, Mme Susan Rice, qui a condamné l'inaction du Conseil face à la continuation sans trêve des actes de violence contre les femmes et des offensives militaires.

Mme Rice a réclamé une décision du Conseil par voie de consensus en faveur d'une application plus efficace des sanctions dans le but de promouvoir la paix et la stabilité au Soudan.

« Nous savons que le flux d'armes en direction du Darfour n'a pas cessé, que les actes de violence sexuelle continuent sans relâche dans l'impunité tandis que des avions de l'armée survolent encore la région et que les attaques militaires continuent », a affirmé Mme Rice lors d'un point de presse tenu le 4 mars au siège des Nations unies à New York.

Malgré la conclusion d'un accord-cadre et d'un cessez-le-feu entre le gouvernement soudanais et le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE) de la rébellion, « nous continuons de recevoir des informations selon lesquelles les offensives militaires du gouvernement de Khartoum se poursuivent au Darfour », a souligné Mme Rice

Un tel comportement « ne suggère pas la présence d'une volonté nouvelle de la part du Soudan de s'engager entièrement dans le processus de paix », a dit Mme Rice, ajoutant que tous les groupes rebelles soudanais doivent eux aussi « cesser leurs activités militaires et participer à l'accord-cadre pour que celui-ci devienne efficace ».

L'ambassadrice a souligné que devant « le mépris flagrant » de la résolution 1591 relative à l'embargo sur les armes dans la région du Darfour en 2005, le Conseil de sécurité n'a toujours pas réussi à former un consensus sur le moyen de l'appliquer et de faire respecter ses dispositions, en dépit des recommandations « très concrètes » qui lui ont été faites par le Groupe d'experts de l'ONU sur le Soudan en automne 2009.

« Si (...) l'on parvenait à une résolution plus ferme d'appliquer les mesures préconisées, cela serait déjà un progrès en soi. Et c'est en effet ce manque de volonté que nous désavouons aujourd'hui », a dit Mme Rice.

« Lorsque le Conseil impose des mesures, que ce soit contre l'Iran, la Corée du Nord ou le Soudan (...), celles-ci doivent être entièrement et fidèlement appliquées. En l'occurrence, et contrairement à d'autres cas, en toute franchise, le niveau d'engagement et d'énergie accordé à la mise en vigueur de l'embargo contre le Soudan est inadéquat, et nous cherchons à modifier cette situation », a précisé l'ambassadrice Rice.

Les États-Unis s'attendent à ce que le comité du Conseil de sécurité chargé de l'application de la résolution « trouve des points de consensus » afin d'améliorer le respect des dispositions de l'embargo et « de jeter pleins feux sur les violations des sanctions ».

« Ce comité pourrait prendre de nombreuses mesures, notamment celles d'accorder une attention plus ciblée au rôle du secteur privé et de faire des suivis plus rigoureux, afin de s'assurer que le régime de sanctions ait plus de crédibilité qu'il n'en a à l'heure actuelle », a fait remarquer Mme Rice.

Le gouvernement Obama intensifiera ses propres efforts pour appuyer les démarches visant à une meilleure application des sanctions en fournissant toutes les informations qui leur sont pertinentes. « Nous sommes particulièrement préoccupés par l'importante nécessité de tenir responsables de leurs actes tous ceux qui commettent des actes de violence sexuelle contre des civils innocents au Darfour », a souligné la représentante permanente des États-Unis à l'ONU.

Au département d'État, l'envoyé spécial pour le Soudan, M. Scott Gration, s'est félicité de la signature de l'accord-cadre et du cessez-le-feu entre le gouvernement soudanais et le Mouvement pour la justice et l'égalité, lesquels, dit-il, « nous offrent une occasion importante de réduire de manière significative la violence au Darfour ». M. Gration a néanmoins souligné la nécessité d'inclure le Mouvement pour la libération et la justice (MLJ), qui représente la plupart des autres groupes rebelles.

« Les États-Unis appuient un processus de paix collectif et total », a souligné M. Gration le 4 mars. Tout comme le MLJ, la société civile du Darfour, les personnes déplacées et les réfugiés « doivent tous pouvoir faire entendre leur voix dans ce processus ». Et cela revêtira une importance accrue « quand nous commencerons à nous pencher sur des questions telles que les réformes de biens fonciers, les dédommagements et le partage des ressources », a expliqué M. Gration.

L'objectif qui consiste à transformer le processus de paix en une démarche plus globale se trouve actuellement entravé par la décision du MJE d'insister pour jouer un rôle directeur exclusif vis-à-vis des autres groupes rebelles tandis que les membres de ces derniers rencontrent des difficultés quant à leur choix de dirigeant et à la manière de s'organiser, a dit M. Gration.

Il a ajouté que le processus de paix et la diminution de la violence finiront vraisemblablement par réduire le nombre de personnes arrivant dans les camps de réfugiés mais « ne changeront pas les conditions dans lesquelles les gens vivent actuellement ».

« Il est nécessaire d'adopter une démarche à voies multiples, l'une qui mènera au cessez-le-feu, à la stabilité et à la paix au niveau général, tout en à "uvrant pour apporter les changements qui permettront d'arriver à un climat plus sûr », dont bénéficieront les personnes qui vivent dans les camps de déplacés et de réfugiés et dans les villages encore en proie au banditisme et à l'anarchie.

« Les actes de violence sexospécifique se poursuivent mais il faut qu'ils cessent. Les personnes sont privées de leurs biens, tout comme de leurs droits, de leurs droits fondamentaux dans de nombreux cas. Et cette situation doit changer », a dit M. Gration. Le gouvernement Obama à "uvre de concert avec la communauté internationale pour faire régner l'ordre et la primauté du droit dans la région de même que pour accroître les capacités des forces de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine.

Ã- l'approche des élections nationales prévues en avril, le Soudan et la région du Darfour sont entrés dans « une période cruciale » et la communauté internationale doit saisir cette occasion pour promouvoir la transformation politique dans tout le pays afin d'améliorer la sécurité et de créer une paix durable.

« Nous n'aurons de cesse que nous n'ayons fait tout notre possible pour assurer un meilleur avenir à la prochaine génération de Soudanais. Faillir à cette tâche n'est pas une option et nous visons la réussite », a dit M. Gration.

(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)


Copyright © 2010 America.gov. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment