Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: 6 pour cent - Scandale ! Un de plus, mais banalisé au pays

Kinshasa — Six pour cent seulement des Congolais sont supposés avoir accès à l'énergie électrique produite au pays !

Désappointé par ce spécifique indice de pauvreté, Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, n'a pas caché son regret, le 10 juillet 2009, en débarquant sur le site d'Inga, au Bas-Congo.

Etonné, Zoellick rappelle que l'électricité offre, de nos jours, une grande opportunité d'affaires pour, non seulement soutenir l'activité économique et industrielle en RDC, mais aussi alimenter l'Afrique centrale et australe en retour de gros revenus.

Bien plus, le courant d'Inga a l'avantage d'être transformé en puissant facteur de développement, de coopération et de paix dans la sous-région. D'où urgence d'aménager son énorme potentiel. Afin de répondre aux besoins tant domestiques que d'interconnexion avec les pays tiers.

Le hic, c'est la démagogie dont l'opinion nationale est soûle de la part des pouvoirs publics. En effet, depuis des décennies, la propagande du prince fait miroiter comme imminente la réalisation du mégaprojet Grand Inga, censé apporter de l'électricité aux moindres coins et recoins de la RDC.

C'est un mirage ! Car, à ce jour, sur les 100 000 MW potentiellement exploitables, la Société nationale d'électr ocution (Snél) n'a aménagé que deux et demi pour cent (2,5%). Ce qui explique le ridicule taux de desserte nationale observé.

De son côté, nullement défaitiste face aux entourloupettes des autorités congolaises, la Banque mondiale, elle, croit en la rentabilité économique du Grand Inga.

D'ores et déjà, elle annonce, par la voix de son président, le financement de la réhabilitation d'Inga I et II. Cerise sur le gâteau, elle entend s'impliquer activement dans le montage financier visant la construction d'Inga III.

Alors, Kinshasa peut, sans gêne, se frotter les mains en avalant le discours « banquemondialiste ». Et s'organiser, en conséquence, pour ne pas participer financièrement au capital du Grand Inga.

C'est quasi acquis que la RDC se contentera, comme dans les secteurs minier et pétrolier, d'empocher de maigres royalties ou, au changement de régime, de remettre en cause les contrats légalement signés avec les « réhabiliteurs » d'Inga I et II ainsi que les futurs constructeurs d'Inga III.

Bon. Dans ce cas où l'énergie sera produite par les « autres », combien de nouveaux Congolais vont y accéder ? Votre pronostic n'engage personne.


Copyright © 2010 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment