Les combats entre les rebelles islamistes et les forces gouvernementales somaliennes se sont poursuivis hier dans la capitale Mogadiscio, faisant plusieurs morts parmi les civils, selon des témoins et des sources médicales locales.
Les militants islamistes des shebab ont attaqué, selon une source gouvernementale, à l'artillerie lourde et avec des mitrailleuses, les positions des forces régulières dans le quartier d'Abdulaziz, situé dans le nord de la capitale. Des batteries antiaériennes ont également été utilisées lors de ces combats qui éclatement régulièrement à Mogadiscio où la survie du gouvernement de transition est garantie, pour l'instant, par la présence des forces du maintien de la paix de l'Union africaine (Amisom). «Nous avons récupéré trois civils tués, dont un adolescent de 14 ans touché ce matin dans un quartier près de la zone de combats. Deux d'entre eux sont morts dans l'ambulance lors de leur transfert vers l'hôpital», selon des sources hospitalières, citées par l'AFP. Ces combats interviennent au moment où les forces
gouvernementales somaliennes, appuyées par celles de l'Amisom, se préparent à lancer une offensive majeure pour reprendre le contrôle de Mogadiscio et d'autres régions du centre et du sud de la Somalie, et en déloger les insurgés islamistes. Depuis fin 2009, le gouvernement de transition somalien, très affaibli, ne contrôle qu'une petite partie de la capitale. Le mouvement shebab contrôle également la plus grande partie du centre et du sud de la Somalie, un pays ravagé par la guerre civile depuis 1991. Cette guerre a réduit la population somalienne à survivre grâce à l'aide alimentaire et médicale internationale. Mais il semble que cette aide n'arrive souvent pas à ceux qui en ont besoin, selon un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), dont des extraits avaient été publiés hier par le quotidien américain New York Times. Près de 50% de l'aide alimentaire distribuée par l'ONU, en effet, est détournée par des partenaires locaux corrompus, des employés onusiens et des miliciens islamistes, selon ce document. «La grande majorité de
l'assistance humanitaire en Somalie consiste en de l'aide alimentaire, particulièrement vulnérable aux détournements», explique ce rapport du Groupe de contrôle (Monitoring Group) de l'ONU sur la Somalie. «Le Programme alimentaire mondial [PAM] est le principal fournisseur de nourriture dans le pays, avec près de 60% du budget annuel humanitaire de l'ONU pour ce pays, soit 485 millions de dollars sur 850 millions», rappelle le document. Selon des transporteurs du PAM et plusieurs autres sources impliquées dans la distribution de l'aide, «le système offre de nombreuses possibilités de détournement tout le long de la chaîne de distribution», écrit le rapport. Le PAM avait annoncé récemment son retrait de la Somalie en raison de l'insécurité qui menace ses membres qui peinent à effectuer convenablement leur mission humanitaire.

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