Kinshasa — Procès des militaires ex-Faz qui avaient manifesté le 28 mars 2004, le ministère public dit l'infraction de participation à un mouvement insurrectionnel établie. Les plaidoiries de la défense débutent ce jeudi 11 mars 2010.
Le plus long procès de la justice militaire va bientôt connaître son dénouement. Le 25 février 2010, le ministère public a fait son réquisitoire sur ces soldats issus des défuntes Forces armées zaïroises (FAZ), et qui avaient manifesté en tirant des balles pour revendiquer leurs droits. Pour l'organe de la loi, ce n'était pas une simple manifestation, mais plutôt une insurrection. C'est ainsi qu'ila même requis des peines de mort.
Le jour du réquisitoire effet, l'auditeur militaire supérieur Hyppolite Ndaka a déclaré que l'armée est une société organisée et disciplinée. Par conséquent, on ne peut pas tolérer, pour un quelconque motif, si noble soit-il, que des militaires puissent se regrouper pour revendiquer leurs droit. Sinon, a-t-il dit, c'est la rébellion, l'insurrection infraction prévues par les articles 136 à 139 du Code pénal militaire.
En parlant de ce que le législateur entend, des modes de participation et des circonstances aggravantes, le major magistrat Ndaka a déclaré que c'est toute violence collective, de nature à mettre en péril les institutions de la République ou à porter atteinte à l'intégrité du territoire. Le ministère public a ajouté : « Dès lors que des individus se retrouvent, conçoivent avec un but, nous disons qu'il s'agit d'un mouvement insurrectionnel. Et pour cela, il faut qu'il y ait des insurgés, il faut une entente ».
Selon l'organe de la loi, dans la nuit du 27 au 28 mars 2004, ces militaires ont utilisé une force intense pour faire entendre la voix de ceux qui étaient négligés. Il y a eu une violence collective à partir de 3h00" du matin sur des sites stratégiques, et chacun des prévenus a participé par certains actes.
L'accusation a présenté le lieutenant Bobo Toromina comme le concepteur qui a tout organisé. Car, a-t-il précisé, organiser c'est structurer, donner à chacun un rôle pour atteindre un but commun. Il l'a qualifié de garçon intelligent, parcimonieux. Pour enfoncer le prévenu Bobo, le ministère public a souligné que des gens en Europe et dans le monde lui font confiance. Il met sous ses ordres des officiers plus gradés que lui, voire un major pilote, qui est le sommet de la science.
Toujours selon l'organe de la loi, une commission d'achat d'armes a été créée, et chacun a eu un rôle de commandement dans un secteur donné. C'est Mongungu alias Méchant Mabe qui fournissait des armes et des munitions aux insurgés, y compris Mike Mayizaf. Jean-Louis Kulengba en assumait la communication en leur offrant des appareils cellulaires, et le capitaine Dieudonné Dembele Gbamanda recrutait par téléphone. Le ministère public a fini par arguer que l'on peut participer, tout en étant pas porteur d'armes.
Après avoir relevé que les manifestants ont pris des otages à la Démiap qui est l'état-major des renseignements militaires, le ministère public a dit que leur objectif était de prendre le pouvoir, en s'attaquant aux institutions légalement établies, telles que la base logistique du camp militaire Kokolo et la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC). Il a insisté à l'intention des juges : « Dès qu'on a pris le télévision et la radio officielles, on a réussi ». Parmi les sites visés par les manifestants, il a cité le Palais de la nation, le Palais du peuple, l'état-major des renseignements militaires et le camp militaire Tshatshi où sont stockées des armées lourdes et des autos blindées.
Avant de faire ses réquisitions, le ministère public a révélé que ce mouvement est parti sur une base tribale, et ces gens ont agi seulement par nostalgie. Et lui de fustiger : « Pour un mouvement qui se veut libérateur, revendicateur, le lieutenant Bobo n'a pris que les militaires de sa tribu qui étaient bafoués. Qui l'avait désigné comme revendicateur des droits des militaires ? Ils ont tué un militaire qui voulait protéger les institutions de l'Etat ».

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