La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Une partie du peuple Ngiti coincée entre l'armée et les milices

Kinshasa — Cela pourrait paraître comme une plaisanterie de mauvais goût, mais c'est pourtant vrai. Une portion non négligeable du peuple Ngiti que l'on peut estimer entre dix mille et vingt cinq mille est coincée entre le feu de l'Armée nationale les FARDC et celui des Milices du coin appelées FRPI ou encore FPJC depuis le Mois de Décembre passé avec la conséquence qu'ils ne peuvent plus accéder à leurs champs et se nourrir convenablement ; ils ne peuvent plus se soigner ; ils ne peuvent plus éviter des cas de Kwashiorkor et de malnutrition. Bref, il en meurt chaque jour entre trois et dix personnes.

Cette population est menacée d'extinction lente mais sûre. "Si le Conseil de Sécurité de l'ITURI, le gouvernement provincial de la Province orientale et le Gouvernement Central de la RDC ne prennent pas des dispositions qui s'imposent ; ils pourront facilement être accusés de génocide". C'est le cri d'alarme que vient de lancer un groupe d'étudiant Ngiti menés par leur président Mr Masumbuko et leurs membres que sont :, Mr. Dieudonné Bahati KYENGA, Aimé SAFARI SINDUKU, MANAS ANGAKA KOBVU, respectivement étudiants à la Faculté de Droit du Centre Universitaire de l'Université de Kisangani, extension de Bunia(CUEB) et Mr. Marcel Aveluma WARA, FAUSTIN MUDJUNGYE LOMVUNI, étudiants à l'Universitaire SHALOM de Bunia et la Société Civile de MUKATU NGANZI composée de NEEMA DUTI NARA et MBAFELE NDEKOTE. Pour comprendre cette situation, il nous faut rentrer au Mois de Novembre et Décembre passé.

Un groupe de Milices réfractaires au désarmement continue à sévir dans les localités de TCHEY, POTO POTO, et MOKATO, dans le sud du territoire d' IRUMU, plus précisément dans la collectivité des WALENDU BINDI. Ces milices sont les héritiers directs d'autres ayant choisi la voie de la sagesse en se joignant aux FARC, notre armée nationale. Dont les plus connus sont : le Général Germain KATANGA DURU, jugé à la CPI ; le Colonel BAHATI, vaillant commandant second de la fameuse 6ème Bataillon intégrée des FARDC, les Colonels DARK ANDROZO ZABA , COBRA MATATA, le MUHITO, OWUDO MBAFELE, GODICHARD WARA JUMA, tous actuellement membres effectifs des FARDC . Ce groupe armé réfractaire au désarmement eut le vent en poupe au mois de Novembre et Décembre passés, mettant en mal les Unités FARDC de la Zone Opérationnelle de BUNIA, allant jusqu'à opérer à huit kilomètres à peine de BUNIA.

Le jeune Commandant de la Zone opérationnelle, le Colonel NYEMBO, un sujet brillant, se décide mettre fin à cet activisme. Les FARDC lancent donc une offensive généralisée sur les positions de ce groupe armé et pénètrent jusqu'à leurs sanctuaires jamais atteints jusqu'à ce jour. TCHEY, POTO POTO et MUKATO, BIALOSO tombent entre les mains des l'armée Nationale après d'intenses combats. Les FARDC poussent les milices plus loin dans la forêt qui est celle du Nord du Parc de Virunga, une forêt inextricable. Ces localités de TCHEY, POTO POTO et MUKATO comptaient une nombreuse population NGITI l'affectionnant à cause de la fertilité de son sol. Ils y avaient cultivé des vastes champs de Manioc, de patates douces, d'arachides et même des palmiers.

La présence des milices ne les avait pas rebutés. Ils cohabitaient avec eux, leur fournissant avec ou contre leur gré la nourriture. La dernière offensive de FARDC les a poussés aussi plus loin dans la forêt, parce que les combats provenaient des zones pacifiées vers ces localités isolées. Il n'y avait aucune alternative pour eux. Au mois de Janvier 2010, 1500 personnes en errance dans cette dense forêt négocient avec le Commandant FARDC à MUKATO qui leur ouvre un couloir. Ils peuvent sortir de la forêt et on les découvre dans un état de santé très préoccupante. Les ONGs Humanitaires les prennent en charge. Après eux, les FARDC sont convaincus qu'il n y a plus des populations civiles dans cette forêt inhospitalière. Tous ceux qui errent encore dans cette zone sont des milices réfractaires au désarmement.

Le comité des Etudiants Ngiti affirme le contraire. Ils citent comme exemple le cas de 32 personnes qui se sont faufilées entre les lignes des FARDC la semaine passée et sont parvenues à AVEBA. Cela peut être vérifié. Le témoignage de ces 32 personnes ferait état d'une catastrophe humanitaire de grande échelle parmi les quelques milliers de civils coincés à MUKATO NGAZI, une clairière ouverte en pleine forêt, à 15 kilomètres de MUKATO, leur localité d'origine. Les FARDC, très vigilants veillent bien sur tous les sentiers menant vers ces lieux. Cette population Ngiti est en train de mourir de faim tout simplement. Les Etudiants Ngiti ne sont pas parvenus à convaincre les FARDC, ni les autorités de District qu'ils ont rencontré à plusieurs reprises sur la présence de civils dans la forêt. Ils ont en leur possession toute la correspondance échangée à ce propos avec elles qui est en notre possession. Pour les FARDC, ceci est une énième tentative de Ngiti pour protéger leurs frères égarés, réfractaires à toutes les initiatives de paix leur apportées. Dans l'entre temps ces civils tentent des actions désespérées pour se procurer de la nourriture.

Ce Vendredi 12 Mars 2009, des femmes faisant partie de cette population en détresse se sont glissées entre les mailles de positions FARDC pour aller cueillir des feuilles de manioc dans les environs de MUKATO afin de nourrir leurs familles en train de mourir de faim. Les FARDC du coin veillaient au grain. Ils ont ouvert le feu, six d'entre elles sont tombées mortes sur place dont deux enceintes. Le Président de la société civile de cette population, Mr. NDEKOTE et une activiste courageuse dénommée NEHEMA, cultivatrice de son état qui est allée rejoindre ses frères coincés dans cette forêt sont parvenue à entrer en contact avec le comité de s Etudiants Ngiti pour lui communiquer cette triste information. Les Corps de ces Infortunées serait encore exposés au soleil en ce moment. D'où ce cri d'alarme du Comité des Etudiants Ngiti dont le Président est par ailleurs Directeur Politique du PALU (un Parti de la majorité au pouvoir) en territoire d'Irumu.

Il faut que ces milliers de Civils pris entre le feu de FARDC et celui de ce groupe armé soient exfiltrés au plus vite de cette zone de combats vers AVEBA ou GETY et que l'assistance humanitaire leur soit accordée. Ce cri d'alarme doit être pris au sérieux et pris en compte. En effet, même si nous estimons le chiffre avancé de cette population en détresse de 25000 personnes exagéré, même 1000 Congolais en détresse méritent notre attention. Il importe que l'Autorité du District de l'Ituri et les Autorités Militaires FARDC prêtent l'attention qui convient à ce problème et y trouve une solution.


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