Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine devrait arrêter la liste des personnalités et entités à sanctionner.
Lesy eux seront braqués sur Addis-Abeba aujourd'hui. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) se réuniraà Addis-Abeba à 15 heureset non à 10 heures, heure locale, comme il a été prévu. L'objectif du rendez-vous est de convaincre les dirigeants du régime actuel de faire machine arrière et d'accepter de partager les pouvoirs avec lestrois autres mouvances dans la gestion de la transition.
Sauf coup de théâtre, le CPS divulguera la liste des individus et organes touchés par les sanctions. Mais des sources proches de la Haute autorité de la transition ont encorefait état hier de discussionsauseinde l'organisation panafricaine sur l'opportunité de l'applicationdes sanctions. L'indiscrétion vient après la bombe suivie de cascades de démentis, lâchée lundi concernant une présumée prolongation d'un mois de la période de sursis accordéeau gouvernement de fait.
Pourtant Ramtane Lamamra, commissaire au CPS, avait déjà balayé d'un revers de la main toute hésitation sur le sujet. Il avait souligné que «la décision d'imposer des sanctions (...) était déjà prise par le CPS»,lors d'une conférence de presse le 11 mars.
La nature des sanctions contre les dirigeants de la transition avait même été fixée à l'issue de la réunion du CPS le 19 février: interdiction de voyager, gels des avoirs financiers et isolement diplomatique.
Depuis quelques jours, des petites commissions au niveau des directions et des services de l'UA s'activent pour préparer le dossier malgache.Desentités comme les mouvances ont été sollicitées pour suggérer une liste des personnalités à sanctionner.
Combat sur le terrain
L'applicationdes sanctionsdépendra de l'organisation mise en place par le CPS. Jean Ping, président decommissionde l'UA avait expliqué que la «mise en oeuvre des sanctions dépend de leurtype. Certaines peuventêtre immédiatement appliquées. D'autres nécessitent du temps avant d'être effectives,letempsde mettreen placeetde coordonnerles mécanismes particuliers dans leur mise en oeuvre», avait-il ajouté en marge de la réunion du Groupe international de contact à Antananarivo, le 6 octobre 2009.
Avant que le CPS ne se prononce, les protagonistes tentent de préparer l'opinion publique.Fetison Andrianirina, chef de délégation de la mouvance Ravalomanana accuse les partisans de Andry Rajoelina, président de la HAT, d'être à l'origine de la situation actuelle, «à causedeleurposition inflexible».
Le discours est d'une autre nature du côté du régime en place. «La HAT est prête à faire face aux sanctionset à leurs conséquences sur la population», rétorque Benjamina Ramanantsoa, membre de l'institution. «Les sanctions ne doivent pas être utilisées comme moyen de pression, les élections doivent être nos priorités», conclut-il.
De son côté, Serge Zafimahova, président du Club développement et éthique tente de mesurer les éventuelles ampleursdes dégâts que provoqueraient les sanctions. «Leurs impacts existent. L'isolement diplomatique pourrait conduire au gel des relations bilatérales et multilatérales. Les investissements étrangers ne viendront plus et ceux qui sont déjà sur place connaîtront un ralentissement», soutient le proche de l'ancien président Albert Zafy. Celui qui refuse l'étiquette de mercenaire politique craint surtout une explosion sociale.
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