Wal Fadjri (Dakar)

Mauritanie: Pour la hausse de leurs indemnités de logement et de transport - Les syndicalistes mauritaniens observent une grève de 72 heures

Les quatre principales centrales syndicales (Cntm, Cgtm, Utm, Cltm), appuyées par le Syndicat des chirurgiens dentistes, le Syndicat des infirmiers et sages-femmes de Mauritanie et le Syndicat professionnel de l'enseignement technique, ont mis leur menace à exécution. Pour, entre autres revendications, la révision à la hausse de leurs indemnités de logement et de transport, elles ont entamé une grève de 72 heures, le lundi 15 mars.

Selon les syndicats mauritaniens, la grève a été suivie à 52 %. Mais pour le ministère l'Enseignement fondamental et secondaire, 'toutes les écoles ont fonctionné normalement comme d'habitude'. Les syndicats avancent un taux de participation à la grève de 90 % dans l'enseignement technique. Selon eux, le moment est historique, car c'est la première fois que les centrales les plus représentatives s'allient pour un mouvement d'une telle ampleur.

Dans le secteur de la santé, les syndicats auteurs du mot d'ordre de grève, pour la journée du 15 mars, avancent un taux de participation de 85 %. Au niveau du ministère de la Santé, la musique est tout autre. 'Aucune structure de santé sur toute l'étendue du territoire mauritanien n'a été affectée par la grève du personnel paramédical', dit le communiqué du ministère de la Santé, rendu public hier. Seule exception notée : 'Le centre hospitalier national de Nouakchott, où deux services (chirurgie et laboratoire) sur les 23 que compte la structure ont été perturbées.' La cause de ces perturbations, note le ministère de la Santé, est que 'certains grévistes ont dérouté les patients en affirmant qu'au sein de ces deux structures ne sera donnée aucune prestation.'

Le ministre de la Santé, Cheikh Ould Horma Ould Babana, estime quant à lui que ce mouvement est marginal. Parce qu'il mobilise peu, mais aussi parce que ses motifs ne sont pas réellement sociaux. Dans le communiqué, le ministre de la Santé 'demande aux patients de se rendre dans lesdits services qui sont à 100 % opérationnels'. Pour le reste des structures de santé à Nouakchott comme à l'intérieur de la Mauritanie, le ministère parle de quelques absences relevant plus de l'ordinaire que d'une réponse positive à l'appel à la grève.

Du côté des enseignants, quelques collèges ou lycées ont noté une absence de professeurs. L'enseignement fondamental, pour sa part, s'est largement désolidarisé de tout mouvement de grève des syndicats précités. Par exemple, au niveau de l'école 3 dite 'Khayar', c'est le calme plat. Et selon un instituteur de l'établissement, le personnel aurait reçu des menaces du directeur d'affecter à Aouin ou à Néma, tout enseignant récalcitrant. Des allégations balayées d'un revers de la main par le directeur qui affirme 'qu'ils ne sont pas partis en grève, car ces centrales sont des syndicats cartables'.

Un désordre que tente d'expliquer le directeur de l'école 7, affirmant que l'enseignement fondamental n'est pas concerné par la grève, car ces acteurs avaient eux aussi adressé une plate-forme revendicative (différente de celle des centrales grévistes) au ministère. Ce qui veut dire que la grève de 72 heures ne les concerne guère.


Copyright © 2010 Wal Fadjri. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment