Le Conseil de Paix et de sécurité de l'Union africaine est passé à l'acte, officialisant les sanctions contre des membres des autorités de fait.
Le Conseil de Paix et de sécurité de l'Union africaine a tranché. Il a établiune liste de 109 personnes sanctionnées, y compris Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT) . Le bras de fer entre le régime en place et la communauté internationale entre dans une autre phase.
Pour des raisons techniques, le CPS n'a pas encore divulgué la fameuse liste à l'issue d'une réunion de près de trois heures, hier à Addis-Abeba. Mais Ramtane Lamamra, commissaire à la Paix et à la sécurité a fait savoir en gros, l'ossature du texte au cours d'une conférence de presse. À part Andry Rajoelina, les membres du gouvernement, les conseillers spéciaux de Rajoelina, les hauts gradés qui soutiennent l'homme fort de la transition, les membres de la Haute cour constutionnelle (HCC) en font partie. Il en est de même des hommes politiques «considérés comme faisantobstacle à une solution négociée à la crise», dont les membres de la HAT.
Ramtane Lamamra, rapporté par les agences de presse internationales, a rappelé la panoplie des mesures retenues. «Les sanctions consistent en un refus d'accorder des visas, le gel des avoirs, y compris leurs actifs financiers dans les banques étrangères, et l'isolement diplomatique», a-t-il soutenu. Pour sa part, Albert Muchanga, ambassadeur de la Zambie et président du CPS, a précisé la zone d'application des mesures.«Nous demandons à la Commission de communiquer formellement cette décision aux autorités de fait de Madagascar, et aux États-membres de l'Union africaine et des autres pays de prendre les mesures nécessaires pour l'application stricte de ces sanctions», a informé le diplomate. Il a également noté que le message sera relayé aux Nations unies, à l'Union européenne et à d'autres partenaires.
Geste politique
La liste enquestion n'est pas exhaustive ni figée. Selon des sources proches du dossier, elles confient que des sanctions contre des personnes morales, aussi bien publiques que privées soutenant le régime dans sa démarche unilatéraliste devraient être prises plus tard.
Des analystes estiment que les sanctions adoptées sont encore symboliques et auraient peu d'impact sur le régime Rajoelina. «C'est un geste purementpolitique qui n'aura probablement aucunimpact sur le gouvernement», a déclaré Edward George de l'Economist Intelligence Unit (EIU), basée à Londres, et rapporté par Reuters.
Ramtane Lamamra espère en finir là, afin de renouer au processus de Maputo. «J'espère que les sanctions auront pour effet de nourrir la sagesse entre les parties et la prise de conscience que la solution doit être fondée sur le consensus», a-t-il lancé.
Mais des sources diplomatiques indiquent que les sanctions prises hier ne constituent qu'une première étape. Une autre vague, d'une ampleur beaucoup plus importante et touchant davantage des personnalités, n'est pas à exclure en cas depersistance de la situation.
Sans attendre la décision du CPS, Andry Rajoelina a fait comprendre son inflexibilité. «Si c'est comme ça qu'on peut sauver le pays, cela ne fait rien. Tant que je peux encore voyager à l'intérieur du pays et communiquer avec les Malgaches, les sanctions peuvent venir», a-t-il lancé au cours de son déplacement à Manakara, visitant les zones sinistrées par la tempête tropicale Hubert dans la matinée.
Contacté, Albert Zafy, ancien président et chef de file, préfère appeler à la conscience de la HAT, une fois que la décision de l'UA ira dans le sens attendu par les mouvances des trois anciens présidents.»Je ne saispas sila HATest encore satisfaite des sanctions qui frappent la population, pour qu'elle campe sur sa position», s'est-il demandé, souhaitant un révirement de la part du régime en place. Il se pose également des questions si les mécanismes des sanctions touchent les opérateurs dans l'exploitation des bois de rose.
Ravalomanana espère
L'ancien président Ravalomanana souhaite voir un changement de cap de Andry Rajoelina, président de la HAT après la réunion du CSP hier. «J'espère que ces sanctions ciblées encourageront Andry Rajoelina à coopérer avec la communauté internationale», a avancé l'ancien chef de l'Etat, qui se trouve en Afrique du Sud, dans un communiqué relayé par l'Agence Reuters.
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