Sidwaya (Ouagadougou)

Afrique de l'Ouest: Quand les pays du Sahel font front commun

Face à la menace terroriste dans la région, sept pays sahéliens ont décidé de mettre en commun leurs efforts pour endiguer le mal. Une "belle" initiative qui devrait nécessairement passer par le renforcement d'une coopération bilatérale et régionale.

Des représentants du Burkina Faso, du Tchad, de la Libye, du Mali, du Niger se sont retrouvés à Alger, pour adopter une position commune de riposte face à la percée d'Al-Qaïda dans le Sahel, à travers l'AQMI (Al-Qaïda) au Maghreb islamique.

Le terrorisme représente une menace réelle pour les Etats et le ministre algérien des Affaires étrangères a dénoncé lors de cette conférence de coordination à laquelle ont pris part les sept pays précités, des connections multiples du terrorisme avec le crime organisé. D'ailleurs, la région connaît une relative augmentation des actions d'AQMI et rien que la semaine dernière, un groupe de cette nébuleuse venu du Mali a encore frappé, à la frontière avec le Niger, tuant cinq soldats nigériens.

Voilà pourquoi au regard de ces développements dangereux, les ministres des Affaires étrangères, réunis à Alger, ont insisté sur la nécessité d'un engagement sans faille et sans conditions des pays concernés. De même que sur la responsabilité de chaque Etat de mener une lutte efficace contre le terrorisme et la nécessité d'un renforcement d'une coopération bilatérale et régionale structurée exclusive et de bonne foi. Une conclusion renforcée par la condamnation sans équivoque de rançons et la prise d'otages et l'obligation de chaque Etat d'appliquer intégralement les résolutions de l'ONU.

La fin des tensions diplomatiques ?

Les Etats sahéliens ont donc affiché leur unité en Alger, la volonté de lutter de façon coordonnée, contre le terrorisme qui sévit dans la région, avec à la clé, l'enlèvement de plusieurs occidentaux qui s'est accentué courant 2009. Et la France s'est réjoui, à travers un communiqué de l'initiative prise par les autorités algériennes d'accueillir sur leur sol, une enceinte de concertation entre les Etats de la région.

Mais est-ce la fin des tensions diplomatiques ? En effet, la libération du Français Pierre Camatte, enlevé au Mali et retenu par AQMI, avait ravivé les tensions avec l'Algérie et la Mauritanie, qui avaient jugé impardonnable, la "clémence" de la justice malienne. La libération du Français était conditionnée à celle de quatre islamistes. A l'époque, Bamako avait plié. Ce qui avait provoqué l'ire de l'Algérie et de la Mauritanie qui ont même procédé au rappel de leurs ambassadeurs, une première depuis 1962.

Maintenant qu'un modus vivendi a été trouvé à Alger sur la méthode de lutte conte le terrorisme, il est à espérer que ces tensions soient désormais de mauvais souvenirs. La sécurisation des espaces est gage de stabilité, facteur de développement. Les participants à la rencontre d'Alger l'ont compris. Et l'on attend maintenant que la Conférence de coordination produise les résultats attendus.


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