Les personnalités sanctionnées par l'Union africaine montent au créneau et promettent de poursuivre leurs activités.
Réponse du berger à la bergère. Les autorités de la transition faisant l'objet de sanctions par l'Union africaine, veulent afficher un moral d'acier aux yeux de l'opinion. D'un ton un brin provocateur, elles affirment ne pas être atteintes par les mesures et promettent de poursuivre la voie qu'elles ont choisie, confirmant le refus de partager le pouvoir avec les autres mouvances.
Après Andry Rajoelina, « président de la Haute autorité de la transition (HAT) », le vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères, Hyppolite Ramaroson, est l'un des premiers à monter au front. Il contre-attaque et pointe du doigt la démarche de l'Union africaine qu'il qualifie d'« aveu d'échec ». « C'est la preuve irréfutable que l'Union africaine a failli à sa mission à Madagascar », a-t-il lancé.
Fierté
Les autorités réagissent après la publication par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine d'une liste de 109 personnes faisant l'objet de sanctions, mercredi à Addis-Abeba. Ramtane Lamamra, commissaire à la Paix et à la sécurité, avait expliqué la démarche comme étant une mesure visant à contraindre la mouvance Rajoelina à faire machine arrière et à revenir au processus de transition consensuelle et inclusive selon les accords de Maputo.
Des personnages de la transition faisant partie de la liste réagissent à peu près de la même manière. « Je ne suis pas surpris. Personnellement, je ne me sens pas sanctionné. On ne m'interdit pas de voyager à l'intérieur du pays », a indiqué le général Ranto Rabarisoa, vice-président du Comité militaire de défense nationale (CMDN). « Si c'est le gouvernement malgache qui me sanctionne, là c'est autre chose. Mais ce n'est pas le cas », a souligné l'officier général.
Pour sa part, Christine Razanamahasoa, ministre de la Justice, voit une justification de ses actions durant le mouvement sur la Place du 13-Mai derrière la décision de l'Union africaine. « Je considère cette sanction comme une fierté. J'ai milité contre le joug de la dictature et pour la liberté », a soutenu la Garde des sceaux.
Cela n'empêche pas de signaler une certaine stupéfaction parmi les individus touchés par les mesures de l'Union africaine. Parmi eux, le Colonel Richard Ravalomanana, le seul commandant de Circonscription régionale de la Gendarmerie inclus dans la liste « s'étonne » de son cas. « Je ne comprends pas. On veut me faire passer pour un politique. Si assurer la sécurité des biens et des personnes constitue un acte politique, comment on va faire pour assurer la sécurité des membres de l'Union africaine quand ils débarquent ici. Et qu'en est-il de la sécurité des
ambassades si elles se font attaquer ? », s'est-il demandé.
Hyppolite Ramaroson refuse de dévoiler les batteries du gouvernement pour faire face à la décision de l'organisation panafricaine. « Il ne faut pas tout lâcher. En tout cas, l'une des meilleures solutions est la tenue des élections », a-t-il avancé. Au passage, il provoque les mouvances des trois anciens présidents. « C'est la sanction populaire qui est la plus grave (...) Les partis qui n'osent pas affronter les urnes ne méritent pas de faire de la politique », a-t-il ajouté.
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