Le ministre des Affaires étrangères, Alain Yoda, en sa qualité de secrétaire à l'Information et à la Communication du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), était dans les locaux de l'Observateur paalga mercredi dernier en fin d'après-midi. Cette visite dite de courtoisie entre dans le cadre d'une série de rencontres que le parti au pouvoir a initiée avec l'ensemble des différentes couches sociales et les médias.
16 h 45. Le portail de l'Obs. s'ouvre pour laisser pénétrer un 4x4 à bord duquel était confortablement installé Ollo Anicet Pooda, directeur du siège du CDP et 3e secrétaire à l'Organisation du parti. Membre de la délégation, il avait devancé ses camarades sur les lieux en éclaireur. 15 minutes après l'arrivée, une voiture rutilante, de couleur noire, estampillée « Republic of Korea », s'immobilise dans la cour du journal Alain B. Yoda, secrétaire à l'Information et à la Communication de la formation politique au pouvoir en descend.
En costume noir, chemise bleue et cravate bien nouée, le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères se dirige au pas de course vers le Directeur de publication (DP), Edouard Ouédraogo. Son calendrier du jour semble bien chargé puisque, après l'Obs., il devrait se rendre à la télévision Canal 3. Il s'introduit un instant dans le bureau du DP pour un bref entretien. Puis la délégation est conduite dans la grande salle de réunions du quotidien pour des échanges avec le directeur, élargis aux journalistes.
Que vaut à l'Observateur paalga cette visite vespérale ? Alain Yoda est allé droit au but en indiquant l'objet de sa présence à l'organe de presse, à savoir que lors du dernier congrès du CDP la décision a été prise d'aller vers les médias pour nouer une "relation de confiance et d'ouverture" et qu'il a été souhaité que le souci de l'équilibre soit préservé dans les analyses. Il était donc de son devoir de faire le déplacement pour discuter de vive voix avec les patrons de presse afin de recueillir leurs préoccupations et leurs besoins.
Mais avec un tel interlocuteur, on ne peut s'empêcher d'aller au-delà et d'évoquer des sujets d'actualité, notamment la probable révision de l'article 37 et la sortie médiatique tonitruante des évêques. Alain Yoda est formel : « L'article 37 n'est pas sacré... Il y a seulement trois dispositions pour lesquelles la Constitution estime qu'il ne peut y avoir modification : la forme républicaine de l'Etat, l'intégrité du territoire et le multipartisme ». Dans tous les cas, s'empresse-t-il d'ajouter, le débat est prématuré puisque la question de la révision n'a pas encore été officiellement posée.
Cela dit, de l'avis d'André Moïse Traoré-Nignan, secrétaire à la Formation politique et civique qui a rejoint le groupe plus tard, le journaliste Souleymane Compaoré, dans un article publié par l'Obs. le mercredi 17 mars 2010, a fait une lecture pertinente de la situation : « Ne cassons pas notre pays à cause de l'article 37. C'est le substrat du débat ». "Pour le reste, on peut en discuter", a-t-il conclu.
La question de la levée de la suspension de Salif Diallo a été évoquée. A ce propos, le ministre Yoda a déclaré que l'autocritique de « l'exilé d'Autriche » est conforme aux exigences du parti et a donc été jugé recevable. C'est sur ces mots que la visite de courtoisie, qui s'est déroulée dans une bonne ambiance, a pris fin. Avant de prendre congé de ses hôtes, Alain B. Yoda a laissé un message dans le Livre d'Or de l'Obs.

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