L'avocat général a requis 10 ans de travaux forcés là où la défense a plaidé l'acquittement. Finalement, la cour dirigée par Adiouma Séye va suivre la plaidoirie de la défense en acquittant l'accusée d'infanticide, faute de preuves suffisantes. Placée sous le mandat de dépôt le 25 novembre 1994, Peinda Sy va bénéficier d'une liberté provisoire le 28 avril 1995. Selon l'arrêt de renvoi, c'est le 15 novembre 1994 que les gendarmes de la Brigade mixte de Matam ont été informés par une lettre manuscrite anonyme de la découverte d'un corps sans vie d'un bébé en état de putréfaction avancée, dans le fleuve.
A la barre, Peinda Sy, devenue aveugle entre temps, a reconnu avoir mis au monde un enfant en novembre 1994 à Dondou dans le département de Matam. Toutefois, elle précisera que son rejeton n'était pas vivant à la naissance. Le jour fatidique, entre 20 et 20 h 30, Peinda Sy dit être partie se baigner au fleuve. La vue d'un chat noir, doublée d'un mal atroce de la tête vont déclencher l'accouchement. Son avocat conseil va emboucher la même trompette de la négation. A en croire Me Mamadou Touré, la dame Peinda Sy ne pouvait donner la mort d'autant qu'elle n'a pas donner la vie. Par conséquent, 'la robe noire' a réclamé l'acquittement pour 'absence de preuve'.
L'accusée expliquera, à l'avocat général, Adama Guéye, qu'elle a caché sept mois durant sa grossesse à ses concitoyens pour se défaire des quolibets et autres mauvaises langues. Pour le représentant du ministère public, la bonne dame a bel et bien 'liquidé' son bébé après l'accouchement. Lui reconnaissant des circonstances atténuantes, l'avocat général a requis 10 ans de travaux forcés contre elle.

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