Il y a un mois encore, aucun Camerounais moyen n'aurait sans doute pu gagner dans un quiz à la question de savoir quel chef d'Etat le Cameroun accueillerait pour la prochaine visite officielle à Yaoundé. Personne certainement n'aurait parié sur Abdullah Gül. Même si des observateurs avertis avaient pu lire un signe avant-coureur dans le tête-à-tête qu'il avait eu avec le président Paul Biya le 24 septembre 2008 à New York, à la faveur d'une assemblée générale des Nations unies.
Au terme d'une visite pleine, sur fond d'un accueil mémorable, le président turc s'en allé, avant-hier, en étant en mesure de paraphraser César Auguste, avec toutefois un sentiment opposé : « Je suis venu, j'ai vu, j'ai con-vaincu ». Au moment où les Camerounais pour leur part, les hommes et femmes d'affaires en tête, saluent cette ouverture que leur donne le président Paul Biya sur cette nation moderne jaillie des profondeurs de l'empire Ottoman, dans ce que l'on appela autrefois « Asie mineure ».
A travers ce prometteur rapprochement avec la Turquie, le Cameroun vient de démontrer sa volonté et sa capacité à diversifier sa coopération. Comme une caverne d'Ali Baba, notre pays regorge de ressources et de potentialités à offrir dans un partenariat mutuellement bénéfique, susceptible en retour de contribuer au développement national et au bien-être de ses populations. Cette diversification étant bien comprise non comme une remise en cause de traditionnelles et vieilles amitiés, mais comme une ouverture enrichissante pour tous.
On épiloguera encore longtemps sur les résultas atteints au terme de cette visite. Sur son caractère concret à travers les contacts noués par les 150 hommes d'affaires qui accompagnaient le président turc avec leurs homologues camerounais. A travers surtout la signature de deux textes fondateurs : un accord sur l'exemption de visas pour les détenteurs des passeports diplomatiques, spéciaux, de service ; un second accord de coopération technique, scientifique et économique dans le domaine de l'agriculture. Et même à travers l'institution d'un mécanisme de consultations politiques entre les ministères en charge des Relations extérieures des deux pays. Comme pour davantage concrétiser ce qui l'est déjà, Abdullah Gül a eu à inaugurer, pendant sa visite, l'ambassade de Turquie nouvellement ouverte à Yaoundé.
Le cadre étant ainsi posé, il appartient aux hommes d'affaires camerounais et aux responsables des administrations concernées de s'engouffrer dans la brèche ainsi ouverte, afin que notre pays tire le maximum de cette coopération new-look.

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