Un séminaire pour l'harmonisation et la codification des règles dans le domaine se tient depuis hier à Yaoundé.
Le diagnostic des experts réunis depuis hier à Yaoundé à la faveur d'un séminaire international de deux jours sur les échanges maritimes est sans ambages : l'Afrique reste la plus grande perdante en matière de transport maritime des marchandises. Selon eux, le chargeur et l'opérateur économique africains restent lésés dans les échanges commerciaux du fait de la fixation du prix de transport des marchandises qui relève de la seule compétence des pays armateurs (possédant des bateaux), le non respect des délais de transport des marchandises et les avaries liés aux multiples transbordements.
En plus, la prolifération juridique que connaît le domaine du transport maritime a entraîné une relation conflictuelle entre pays nantis et moins nantis. Il s'agit notamment de la signature de la convention de Bruxelles en 1924, modifiée en 1968 et 1979 et applicable essentiellement dans les pays développés et des Règles de Hambourg de 1978 qui lient exclusivement les Etats africains. Eu égard à la divergence des intérêts, ces textes mettent au front Etats dits chargeurs, constitués principalement des pays en voie de développement, et Etats dits d'armateurs, réunissant les pays développés plus préoccupés par la protection des intérêts de leurs transporteurs maritimes. Autrement dit, le milieu est une véritable jungle pour les pays africains.
Pour les différents délégués venus des quatre coins du monde, il est question d'échanger sur la mise en application des «Règles de Rotterdam», qui se veulent être une convention unique sur le contrat de transport international de marchandises effectué entièrement ou partiellement par mer. Adopté en décembre 2008 par l'Assemblée générale des Nations Unies, après sept années de négociations, ce document est ouvert à la signature depuis le 23 septembre dernier à Rotterdam aux Pays-Bas. La convention a pour vocation la protection des chargeurs; la revalorisation des plafonds à laquelle a droit le chargeur en cas de litige; le maintien à deux ans du délai pour agir contre le transporteur et la redéfinition de la responsabilité qui repose sur le principe de la faute prouvée. Bref, cette nouvelle convention a pour ambition d'établir un équilibre dans les échanges maritimes.
Au regard de ce que le transport de marchandises par voie maritime représente près de 90% des échanges commerciaux mondiaux et 95 % environ du commerce des Etats africains, le ministre d'Etat, ministre des Transports Bello Bouba Maïgari qui préside lesdites assises au nom du Premier ministre chef du gouvernement, n'a pas manqué dans son discours d'ouverture d'interpeller les participants à l'adoption de cette convention.

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