Les travaux lancés en septembre 2008 vont permettre d'améliorer les capacités dans le réseau interconnecté sud.
Des travaux d'importance sont en cours à la centrale hydroélectrique d'Edéa sur les bords de la Sanaga. Des travaux de réhabilitation lancés en septembre 2008, et qui, près d'un an et demi plus tard, ont atteint leur vitesse de croisière. Sur le site, des centaines de travailleurs et ingénieurs, sont chargés de bétonner les piles dans le cadre de la construction des évacuateurs de crues devant remplacer les hausses mobiles vieilles de 60 ans et qui, avec leurs fissures, représentent désormais une menace pour la sécurité. « On va remplacer les hausses mobiles actuelles par un évacuateur de crues classique, avec six vannes segment. L'évacuateur de crue permet d'évacuer la crue au mois d'octobre. On est en période d'étiage. Toute l'eau qui arrive est déviée vers l'usine.
Au mois d'octobre, quand on arrive au même endroit, on trouve qu'il y a beaucoup d'eau qui déborde. Cet ouvrage permettra d'évacuer cette crue », explique Jean Marie Takone, chef du projet hausse mobile. Le nouvel évacuateur de crue permettra de retenir plus d'eau. Et ainsi, augmentera la production de la centrale d'Edéa en période d'étiage. Ce travail, dangereux, ne peut se faire, selon l'ingénieur, qu'en période de baisse du niveau d'eau du fleuve. Malgré ces précautions, les risques d'inondation du chantier sont évidents. On apprend d'ailleurs que deux inondations surprises ont déjà été enregistrées depuis le début du chantier. Mais, aucun incident majeur n'a été enregistré, selon les responsables de la centrale.
La réhabilitation concerne aussi les conduites forcées. Il s'agit-là de gigantesques tuyaux qui forment une chute dirigeant l'eau du barrage vers les hélices pour entamer le processus conduisant à l'électricité. Elles commençaient déjà à montrer des signes de vieillesse avec la perte de sa peinture de protection. Selon les ingénieurs, le travail actuellement en cours consiste à sabler les conduites forcées (projeter de l'eau et un sable spécial à très forte pression pour enlever les restes de peinture usagée), puis à refaire la peinture. Pour cela, tout un dispositif spécial est pris : l'espace de travail doit être maintenu à une température précise grâce à une grande bâche et un équipement permettant de contrôler la quantité d'eau contenue dans l'air. « Pour les conduites forcées, on a déjà peint deux conduites sur cinq. Ce qui reste à faire c'est de finir les trois conduites forcées d'Edéa 3, installer tous les groupes d'Edéa 1 (groupes 1, 2, 3) et finir les travaux au niveau des hausses mobiles. Nous tiendrons les délais jusqu'à la fin des travaux », promet André Siewé, le manager du programme de réhabilitation de la centrale hydro-électrique d'Edéa.
Et ils ont intérêt, car vendredi dernier, les membres du comité ad hoc constitué de plusieurs représentants de ministères, sont arrivés à Edéa, afin de suivre l'évolution des travaux. « Ils ont un rôle de contrôle et d'assistance. Ils sont présents, afin de s'assurer du respect des cahiers de charges et surtout des calendriers annoncés», indique-t-on à Aes Sonel. Avec la réhabilitation, le remplacement des trois premiers groupes de la toute première centrale d'Edéa sera effectué, afin d'en améliorer la productivité. Construits il y a plus de 60 ans, ces groupes dont un est à l'arrêt, produisaient chacun 11 MW. Avec les nouveaux groupes de 16MW chacun, on enregistrera un gain net de 26MW.

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