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Tanzanie: Une randonnée épique pour mettre en relief l'importance des ressources en eau

Washington - Malgré la neige qui les fouettait, bravant les giboulées, les pluies et la température glaciale, ils poursuivirent leur escalade du Kilimandjaro où régnaient les pires conditions météorologiques depuis quinze ans. C'était le mois de janvier. Quarante-cinq randonneurs, 16 guides et 248 porteurs avaient entamé la montée de ce point culminant de l'Afrique. Leur motif : sensibiliser les populations à la crise mondiale de l'eau.

Car crise il y a : un milliard de personnes vivent sans eau potable, et les mauvaises conditions sanitaires, notamment l'insalubrité de l'eau, sont la plus importante cause de morbidité dans le monde.

L'artiste et candidat à un prix « Grammy » de musique Kenna a organisé cette ascension qu'il a baptisée « Sommet sur le sommet » après avoir appris que son père avait beaucoup souffert de maladies hydriques pendant son enfance en Éthiopie. Ce qui avait débuté comme l'engagement personnel de Kenna Zemedkun - ce musicien américain d'origine éthiopienne qui se fait appeler Kenna tout court - s'est très vite transformé en une randonnée pour 300 personnes. « Mon idée était de faire cette montée du Mont Kilimandjaro, de la faire par moi-même pour lever des fonds et sensibiliser les populations au problème de l'eau », a déclaré Kenna. « Mais j'ai eu la chance de découvrir que chaque fois que j'en parlais, je trouvais des amis qui voulaient m'accompagner. »

L'initiative « Sommet sur le sommet » réunissant des acteurs, des musiciens et des écologistes, dont Jessica Biel, Emile Hirsch, Lupe Fiasco, Santigold et Alexandra Cousteau, a été filmée comme documentaire pour MTV avec pour titre « Sommet sur le sommet : le Kilimandjaro ». « Rassembler toutes ces personnes, têtues, fortes d'esprit et volontaires en un seul endroit, avec chacune ses opinions, ses visions, ses idées, de les voir converger de manière synergique et confiante, s'appuyer et se soutenir mutuellement - des étrangers qui ne s'étaient jamais rencontrés auparavant - c'était la plus belle chose au monde », a affirmé Kenna. « Je voulais que cette randonnée soit un exemple pour le reste de l'humanité et elle en a été vraiment un, mais aussi au-delà de ce que j'avais imaginé (...) c'était littéralement un sommet au sommet. »

Pour les participants, le caractère exténuant de la montée était une métaphore congruente à la lutte mondiale pour de l'eau propre et des systèmes d'assainissement adéquats. Les randonneurs avaient été inspirés par la lutte quotidienne que menaient les gens contre l'insalubrité pour survivre. Selon Mme Elizabeth Gore, directrice exécutive des partenariats mondiaux à la Fondation des Nations unies : « Nous portions des sacs à dos qui pesaient peut-être huit kilos et poursuivions notre montée pendant six ou sept heures par jour, mais vous avez des petites filles qui portent près de 80 litres d'eau, et par exemple, en Éthiopie, il leur faut marcher six heures par jour en moyenne pour aller chercher de l'eau. Alors je pense que notre randonnée, comparée à ce que ces petites filles doivent endurer tous les jours, n'était pas grand-chose. »

Le groupe de randonneurs a visité un village de Tanzanie avant de commencer la montée et a passé aussi quelque temps dans un camp de réfugiés en Éthiopie pour voir en personne les conséquences du manque d'eau sur la vie des personnes qui y sont confrontées quotidiennement. Les randonneurs étaient aussi déterminés à apprendre tout ce qu'ils pouvaient au sujet de l'eau. Ils grimpaient durant la journée, et le soir, ils organisaient des discussions avec la participation de spécialistes sur divers aspects de ce problème. « Nous nous asseyions chaque soir pour parler parfois de comment les petites filles étaient touchées par les pénuries d'eau, une autre fois, de paix, de sécurité et de la question de droits de l'homme qui sont liées à l'eau, et nous l'avons fait tous les soirs pendant toute la randonnée », a dit Mme Gore. « Sauf, bien sûr, le jour où nous sommes arrivés au sommet, s'est-elle rapidement reprise, parce que cela était saisissant. »

Pour sa part, la sous-secrétaire d'État pour la démocratie et les affaires mondiales, Mme Maria Otero, a fait l'éloge des randonneurs du Sommet sur le sommet pour leur engagement en faveur d'une solution de la crise mondiale de l'eau, lors d'une réception organisée au département d'État en leur honneur et pour inaugurer une exposition de photos de leur montée du Kilimandjaro. Mme Otero a dit que les États-Unis avaient fait de la question de l'eau l'une de leurs principaux engagements en matière de politique étrangère, ayant fourni plus d'un milliard de dollars à ce domaine par le biais de l'Agence des États-Unis pour le développement international et de la Société du compte du millénaire (Millennium Challenge Corporation) dans le but de faire parvenir de l'eau potable à des personnes qui n'y avaient jamais eu accès jusque-là. L'an dernier, cet appui du gouvernement américain a permis à huit millions de personnes d'avoir accès à de l'eau potable et à six millions d'autres de bénéficier de systèmes d'assainissement dont elles auraient dû se passer autrement.

Mme Otero a également affirmé qu'il y avait encore beaucoup à faire. D'ici 2025, environ deux tiers de la population mondiale habiteront dans les régions où les ressources en eau seront insuffisantes pour répondre à leurs besoins. Ce qui signifie que l'eau n'est pas seulement une question de santé mais aussi de paix et de sécurité. « Le manque d'approvisionnement en eau en quantité soutenable et en temps opportun minera la sécurité alimentaire, deviendra une cause de tensions et créera des conflits », a dit Mme Otero. « Nous verrons aussi que cette question menacera un nombre croissant de vies humaines. »

Pendant la montée du Kilimandjaro, « le Sommet sur le Sommet » était la cause la plus populaire sur les sites de réseautage social Twitter et Facebook où les randonneurs racontaient leurs toutes dernières aventures et téléchargeaient leurs photos. Mais ce n'était pas assez pour Kenna qui met au point actuellement un programme baptisé « Éducation bleue » qui engagera les jeunes et leurs familles dans la lutte contre la crise mondiale de l'eau. « Je veux rassembler des alliés à cette cause ; je ne veux pas simplement qu'ils nous regardent faire notre randonnée, ou venir à une exposition de photos de ce sommet et de nous. Je veux qu'ils se sentent comme s'ils y étaient, qu'ils comprennent pourquoi nous avons décidé de faire cette randonnée et qu'ils deviennent des militants de cette cause dans l'avenir. »

Dans le cadre de cette initiative, le groupe de randonneurs s'est rendu à Washington pour des entretiens avec des membres du Congrès et des responsables du département d'État afin d'attirer l'attention des décideurs politiques sur les différentes questions relatives à l'eau. Cette semaine d'activité a culminé lors de la diffusion en première le 14 mars sur MTV du documentaire « Le sommet sur le sommet : Kilimandjaro ».

Pour les randonneurs et pour Kenna en particulier, la mission du Sommet sur le Sommet n'est pas encore achevée. Bien qu'il doive encore décider quelles seront les prochaines étapes, Kenna est convaincu de l'importance de son travail. « L'eau est une question fondamentale et une question physique plus que de charité. C'est ce qu'il y a de plus essentiel pour maintenir la vie et l'humanité même. Tous les besoins énoncés dans les Objectifs du millénaire pour le développement ont un lien ou un autre avec l'eau. Si l'eau n'est pas la première et la plus importante question, laquelle pourrait-ce bien être ? »

(Les articles du site «America.Gov» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://www.america.gov/fr/)


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