Le jeune artiste vient de commettre un premier album prometteur à Yaoundé.
Arnold Ladune. C'est ainsi qu'il se fait appeler et ne demandez pas pourquoi. En choisissant cette appellation, il a sans doute voulu se signaler comme un artiste tout court, sans chapelle et sans couloir. Une volonté d'universalisme que l'on peut aussi voir sur la pochette de ce "Je dandine" où il apparaît sous une fresque de peintre avec une barbe hirsute et des dreadlocks pas encore à leur faîte. Une affiche où il laisse -volontairement?- deux djembé pour signifier à tout le moins ses origines africaines. Et dès le premier thème, le jeune artiste annonce la couleur. Son album sera un chapelet de variétés internationales où les rythmes langoureux vont se tailler la part du lion. Comme le signale le deuxième titre "Je dandine" qui est aussi le titre de l'album. Dès l'entame aussi, le parti pris pour la boîte à rythme se fait tout aussi sentir ; mais avec des arrangements intéressants qui atténuent un peu l'ire de ceux qui aiment écouter les riffs de guitare ou encore le son du piano.
Pour un premier opus, il faut dire que le jeune a donné la pleine mesure d'un talent à suivre désormais. Surtout lorsque l'on écoute le cinquième titre dédiée à sa mère. Titre qui exhale un parfum d'international avec un solo de début envoutant, une voix qui quoiqu'à parfaire donne déjà de l'assurance, des choeurs bien en place et surtout ces featurings de One Z. et de Ninja 2 Bonas qui rappellent le ragga-muffin qui fit mouche chez nous au début des années 90 avec le passage ici d'un artiste comme King Daddy Yod des Antilles françaises. Le tout sous un jeu de batterie bien mené.
Mais avant, il y a ce titre qui donne son nom à l'album et qui sonne par une mélodie travaillée à côté d'un texte qui dit les peines d'un amour perdu. L'autre thème sera celui de la femme qui intervient juste après ; et qui chante le précieux rôle de celle-ci dans la société. Suit Espoir où la guitare de Willy Etoundi est utilisée à bon escient
Dans l'ensemble, Arnold Ladune a fait le choix de chanter en français. Un choix d'autant plus judicieux que l'opus se veut variété internationale. Un clin d'oeil à tous ceux qui lui ouvriraient leur oreille à défaut de leur coeur. Sauf qu'avec les rythmes auxquels qui composent ce "Je dandine", il aurait été mieux inspiré de chanter aussi dans la langue de Shakespeare.
Au final, un album à écouter pour son orchestration et l'harmonie des arrangements. Ne reste plus au jeune Ladune que d'améliorer sa technique de chant qui s'affirme déjà au demeurant. Il lui faut aussi désormais plus d'attention. Ce qui lui permettra d'éviter des omissions coupables come celle de son absence dans la fiche technique et qui peut amener le mélomane à questionner son rôle véritable dans cette entreprise créatrice. Tout comme le producteur de l'album.

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