Kédougou, la terre des hommes, a toujours souffert de la mise en place tardive des intrants et matériels agricoles, entre autre prise en charge conséquente du développement des activités de pèche, d'élevage, de pisciculture et d'agriculture.
En tournée de trois jours, le bureau national, conduit par son président Mamadou Sall, a préconisé des solutions de choc pour faire de la précocité des pluies un atout de taille. Le syndicat reste, pour les producteurs de Kédougou, une aubaine pour faire face aux préoccupations, espoirs et doléances de cette partie orientale du pays.
Dans cette partie du pays, en cette fin du mois de mars, déjà certains ont pris le chemin des champs pour débroussailler, couper les arbustes et même brûler les herbes sauvages qui ont été épargnées par les feux de brousse, qui ont parcouru presque toute la région. Le climat est maussade, couleur de la terre, les gros nuages, qui cachent le soleil, couvent une forte canicule. Tout ici est prémisse d'hivernage.
Les mangues sortent des villages accrochés dans les montagnes que serpentent des bas-fonds favorables à la culture du riz. Les fruits sauvages communément appelés « mad », qui mûrissent avec le début de l'hivernage, laissent voir leurs fleurs qui, à présent, dominent et couvrent les feuilles. L'autre espèce, qui a le même cycle qu'est le karité, positionne ses fleurs qui ont pris les allures de fruits et vont permettre aux ruraux de faire face à la difficile période de soudure ; l'orpaillage a fini de coloniser les bras valides, les jeunes fondent espoir sur les sociétés minières qui ont une politique approximative d'emploi. De Kédougou à Saraya, en passant par Salémata, l'idée du chef de l'Etat de voir tous les secteurs de production du monde rurale s'unir en une entité dite Syndicat des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs, Japando Synaep, a trouvé l'assentiment des masses rurales, qui éprouvaient des difficultés pour sortir des chantiers battus.
Déjà en avance sur le reste du pays ici à Kédougou, la nouvelle région, les unions départementales provisoires ont été montées, le recensement fait et les cartes sont attendues. Et même dira Youssouf Keita, président départemental du syndicat, ancien maire, ex- président du Conseil régional et reconverti en un gros producteur, « rien ne nous empêche de monter le bureau régional ». Il met l'accent sur le credo des Kédoviens que sont la solidarité et la complémentarité. Aïssata Aya Ndiaye, vice-présidente du Conseil régional et présidente régionale des groupements féminins, fait partie de celles qui souffrent le plus des avatars de l'installation tardive des facteurs de production.
A la tête d'une Pme de transformation de fonio et de riz « Barabara » pour les diabétiques, qui lui a valu le premier prix du chef de l'Etat et sa présence à la Foire internationale de l'agriculture à Paris, elle vient de décrocher des partenaires pour 15 tonnes de fonio précuit chaque mois. Avec six groupements et le sien « Koba club », elle met sur la table du syndicat la fabrication de séchoirs avec l'unité d'appui du lycée technique Mamba Guirassy. Le recensement des bas-fonds susceptibles de faire de la culture du riz par le ministère de l'Agriculture reste vivace et a permis de mettre en branle plus de 7.000 ha dans la région et une minoterie décortiqueuse de riz qui a été fonctionnelle au courant du Projet intégré du Sénégal orientale (Piso). Pour expliquer la nécessité de valoriser la culture du riz, Aïssata Aya Ndiaye montre au syndicat son riz stocké pendant deux ans, plus de 12 tonnes non décortiquées qui s'ajoutent à la cinquantaine de tonnes de l'année écoulée. Les perspectives avec ces femmes sont prometteuses, selon le président du Synaep Japando, Mamadou Sall.
Idrissa Kama, l'adjoint au Secrétaire général, après les rencontres et les visites des réalisations du président du syndicat dans les régions de Tambacounda et Kédougou, a décelé ces valeurs de producteur modèle du président l'organisation, Mamadou Sall.
Ce producteur de bananes, qui est présent dans toutes les spéculations, est aussi un modèle dans l'aviculture et l'élevage. Ce qui lui a valu d'être porté à la tête du bureau national provisoire du syndicat, diront avec force les représentants des organisations et des filières/coton -riz horticole et surtout de l'arachide, mesure à juste titre l'impact positif de la structure qui va apporter du baume dans la vie des organisations de producteurs. Les autorités administratives, qui ont présidé les rencontres, ont mis l'accent sur les rudiments à mettre en place pour faire jouer à ce secteur du monde de la production son véritable rôle pour l'émergence économique du pays.
Quand le kilo de poisson coûte 4.000 francs
Le problème de Kédougou reste l'approvisionnement en poissons. Il faut aller à 700 bornes pour les dégoter à Mbour, Kayar ou Dakar. Ils arrivent en piteux état et ne résistent pas à la forte canicule, dès qu'ils sortent de la glace ou du véhicule qui les transporte. Cela aussi influe sur le prix qui peut monter jusqu'à 4.000 francs, souligne la responsable des femmes Aya. Et d'ajouter l'initiative d'un jeune émigré sur la pisciculture qui a été freiné par les inondations et le manque de soutien. Le manque de professionnels dans le secteur est posé et Kédougou réclame un inspecteur de la Pêche pour booster ce secteur. La note gaie est venue de Djiby Ndiaye dit « Général », le président national des mareyeurs qui, selon lui, a une promesse ferme de deux cents camions frigorifiques : 100 de Karim Wade et du ministre de la Pêche, Koureyssi Thiam et 100 autres du président de la République Me Wade. Pour lui, l'idée, qui a germé des assises de Kédougou de jumeler le transport du poisson et au retour vers Dakar d'emporter de la viande, est géniale et sera contenue dans un projet viable. Le potentiel pour développer la pêche est important en plus du fleuve Gambie et de la Falémé, les cours d'eau et mares font légion. Il a été préconisé d'aménager ces espaces pour combler la rareté de la ressource et sa disponibilité dans un marché en pleine expansion.
Désenclavement, des intrants et du matériel agricole à temps
Saraya, 61 km de Kédougou, étrenne l'une des plus belles routes du pays en finition qui désenclave cette zone et le Mali frontalier. L'école primaire a reçu de grands auditeurs qui doivent décider de l'avenir des ruraux. Dans ce nouveau département, l'orpaillage laisse peu de bras à l'agriculture. C'est une véritable ruée vers les placers avec son lot de désagrément, le manque d'eau, l'insécurité, les Mst avec 11% de séropositifs ... Les personnes qui croient toujours que la clé du développement reste la production se sont donnés rendez-vous pour expliquer les atouts du département le plus riche du pays ou qui a le sous- sol le plus riche du pays. Mais néanmoins les irréductibles sont restés fiers et ont le sait dans leur ton que la terre ne ment pas. Les problèmes restent l'information agricole. Les efforts de l'Etat sont annihilés par les intermédiaires, soutiennent les ruraux. L'impact positif de la structure va être jugé avec la mise en place du matériel agricole, tout comme les semences et intrants qui vont véritablement booster les productions.
La nature du terrain de l'autre côté de la région à Salémata, à 80 km de Kédougou, la route latéritique ravinée par la dernière saison des pluies, ôtent toute envie de voyager. Mais la chaleur de l'accueil et la mobilisation font oublier le calvaire de cette route qui reste la seule qui relit Kédougou, un département, à ne pas être bitumée. Ici comme ailleurs, la tournée de sensibilisation et d'information a permis au membre du bureau national de mesurer l'adhésion des agriculteurs, éleveurs et pécheurs et d'ouvrir des perspectives heureuses pour le monde des producteurs. Le développement de l'agriculture sous pluies et irriguée par une politique hardie de mise en place de semences, entre autres intrants et matériel agricole adéquat qui s'ajoute à l'intensification de l'élevage, de la pisciculture et l'aquaculture reste les doléances qui est sur les lèvres des masses paysannes.
Mamadou Sall, président du bureau national provisoire : « Pour une capacité de négociation des producteurs »
La mise en place d'une organisation forte, qui va porter les ambitions du président Abdoulaye Wade pour le secteur de l'agriculture, de l'élevage et la pèche et atteindre l'abondance reste le cheval de bataille du président du bureau national, Mamadou Sall
Parlant de cette tournée marathon, il s'est réjoui de la mobilisation exceptionnelle et de l'engagement à nulle autre pareille depuis le début de sa tournée pour soutenir cette révolution rurale qui s'instaure à Tambacounda et cette fois-ci à Kédougou. Mamadou Sall a mis l'accent sur la mise en place des financements annuels évalués à 30 milliards de Fcfa pour la banque verte, la sécurité sociale, l'assurance et la mise en ouvre au sein de cette frange active de la population d'une capacité de négociation. Pour lui, l'exemple du Canada, qui avait 4.000 organisations paysannes et qui a mis en place son syndicat, doit faire école car il est temps que les producteurs à la base bénéficient des efforts consentis par l'Etat pour le monde rural depuis belle lurette.
A présent que le récépissé est signé, il s'agit pour M. Sall d'informer, de sensibiliser les producteurs, éleveurs et pêcheurs afin de consolider l'union sacrée autour de cet idéal de développement et du syndicat. La tâche reste la fourniture des intrants, des équipements agricoles, d'élevage et de pêche et surtout assurer la collecte, le stockage et la bonne commercialisation. Les autres défis à côté de la formation restent l'appui conseil, la facilitation de crédit et la souscription aux politiques d'assurance afin de limiter les risques de toute nature. La tournée a été mise à profit pour sensibiliser et informer sur la commercialisation sur les filières, le matériel agricole, les crédits et surtout la reconversion des mentalités pour une consommation des produits locaux.
A Kédougou, le défi reste l'acheminement des intrants avant l'installation des pluies qui s'annoncent au début du mois de mai. Pour Mamadou Sall, le Programme national d'investissement agricole (Pnia) traduit les efforts et l'engagement du Sénégal, fondés sur le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (Dsrp), la Stratégie de croissance accélérée (Sca) et la Loi d'orientation agro-sylvo-pastorale (Loasp). Des programmes prioritaires tout comme de nouveaux systèmes d'analyse stratégique et des formes de partenariats entre le gouvernement du Sénégal, le secteur privé et les partenaires au développement pour réussir sa mise en oeuvre.

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