La Prospérité (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Douleur de séparation !

Kinshasa — Une année, allant de juin 2010 à juin 2011, est le temps nécessaire que le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU en RD Congo, Alan Doss, a proposé au Conseil de Sécurité, le mardi 13 avril, à New York, pour le retrait total de la Monuc. Cela, sous réserve de la résolution du Conseil, a dit Alan Doss. Or, au lendemain des affrontements de Mbandaka, Ban Ki-moon, Secrétaire Général des Nations Unies avait sollicité auprès du même Conseil de sécurité la prolongation, pour 12 mois du mandat de la Monuc.

Du coup, tout le monde croise les doigts dans l'attente de la délibération. Dans les 46 jours qui restent à la MONUC, le Conseil de Sécurité doit couper la poire en deux pour dire comment sera l'après 31 mai prochain. Sinon, la décision est très attendue, après le travail fait entre les autorités de la RDC et les responsables de la MONUC. Pour la requalification du mandat de la MONUC, Alain le Roy avait respectivement vu Adolphe Muzito et Evariste Boshab. Cependant, tout en rappelant les avancées importantes réalisées, Alan Doss a attiré l'attention sur ce qui lui parait inachevé. Comme qui voulait dire : « Que deviendra ceci et cela ? ».

C'est ainsi qu'il a mis en exergue certains aspects importants en pointant les autres du doigt. Par exemple, a-t-il dit, beaucoup de choses restent à faire du point de vue sécuritaire. Certains autres sont : « La solution aux problèmes structurels est gage de la discipline au sein des troupes ; l'impact de l'appui de la MONUC sur les effectifs et la force de frappe des FDLR ; le recouvrement des taxes par les structures administratives parallèles du CNDP ; la préoccupation sur les attaques répétitives de la LRA en Province Orientale et ce qu'il nomme nouveau et inattendu défi du Nord-Ouest, les Enyele.

Par ailleurs, après un temps de silence, la MONUC refuse de continuer à garder la langue de bois. Lors de son habituel point de presse hebdomadaire, à la MONUC, l'on juge que les propos tenus par Lambert Mende, le Ministre de la Communication et Médias, sont graves. Toutefois, ils ne veulent pas polémiquer. Cette question, fait réfléchir plus d'un analyste. Pour d'aucuns, comme Jonas Tshombela de la Nouvelle Société Civile du Congo, la MONUC doit partir. « L'homme se mesure devant l'obstacle », avance le Coordonnateur de la NSCC. D'autres trouvent la tutelle de la MONUC ennuyeuse et qu'il est temps de dire bon débarras. A l'opposé, d'autres observateurs estiment que la RD Congo a encore besoin d'être chaperonnée pendant un bon moment.

Le temps de voir ses jambes devenir solides. Ceux-ci se disent, par exemple que ce n'est pas en vain que Alan Doss met en garde contre tout retrait précipité de la MONUC. Quoi qu'il en soit, la Mission onusienne au Congo n'aurait jamais demandé de partir d'elle-même. Il n'est donc pas une surprise que l'on soit arrivé là. La séparation, bien qu'elle soit douloureuse, n'est-elle pas une autre face de la vie, à l'instar de la rencontre ?


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