Kinshasa — Le gouvernement congolais vient de rallonger l'enveloppe réservée à la Minière de Bakwanga. Onze millions de dollars supplémentaires vont s'ajouter aux vingt millions promis par le président de la République. L'enveloppe globale s'élèvera désormais à hauteur de trente et un millions de dollars américains. L'annonce a été faite en début de semaine par le président administrateur délégué de la Miba Christine Tusse, après un séjour relativement long à Kinshasa.
Les travailleurs de cette société d'économie mixte, tout comme les observateurs du Kasaï et d'ailleurs, se réjouissent de cette initiative de l'Etat congolais. La relance de la production à la Miba servira, en effet, de levier à l'ensemble de l'économie au sein de l'espace Kasaïen. Les activités périphériques pourraient se développer afin de revigorer ces provinces devenues depuis un temps misérables.
L'autre raison d'être confiant, pour les travailleurs particulièrement, reste le maintien de l'équipe dirigeante actuelle. Il est clairement affiché que, l'arrivée annoncée des sujets canadien et gabonais pour s'occuper de la gestion de la cagnotte de l'Etat congolais, allait émietter considérablement la confiance. Tous sont convaincus que le couronnement des efforts serait l'oeuvre de tout le monde, et non des parvenus. C'est d'ailleurs avec soulagement que les travailleurs contactés sur place ont salué la nouvelle. Toutefois, un syndicaliste s'étonne que «ces ressources financières tardent toujours à servir effectivement la Miba». Comme pour rassurer, Christine Busse a précisé que «le fonds gouvernemental sera disponible dans un mois» Ces fonds serviront essentiellement à l'achat d'engins de production de diamant.
L'effondrement des cours du diamant sur les marchés mondiaux ont coïncide avec la descente aux enfers de cette société, poumon économique de l'espace kasaien. La contribution de la Miba au bon fonctionnement de l'Etat congolais ne fait l'ombre d'aucun doute. D'ailleurs, les difficultés de cette société sont imputables à l'Etat congolais qui l'avait transformée en vache laitière après avoir amené la Gecamines dans un coma profond.
Plusieurs tentatives ont été proposées pour la relance sans que cela ne se traduise en acte palpable. Les banques sud africaines IDC et DBSA avaient signé un protocole d'accord qui n'a jamais abouti pour des raisons diverses. La Miba a besoin des capitaux frais estimés à près de 200 millions de dollars américains pour retrouver sa santé d'antan. La crise financière internationale et la chute des prix sont des facteurs qui ne favorisent pas une relance immédiate de la Miba.

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