Kinshasa — La RDC et l'Onu-Habitat conviennent de travailler ensemble dans un programme de médiation et de prévention des conflits fonciers, consécutifs dans l'Est du pays au retour des déplacés de guerre de l'Est dans leurs milieux d'origine.
Il se pose au Kivu un problème d'espace aggravé par la densité de sa population et la raréfaction des terres libres ainsi qu'un besoin de sécurisation des titres. La situation des personnes déplacées, dont beaucoup ont perdu, soit les titres de propriété, soit leurs biens en fuyant les zones de guerre, demeure préoccupante et ne peut pas être minimisée. La question a été examinée mercredi à Kinshasa au cours d'une séance de travail entre le ministre des Affaires foncières et une délégation de l'Onu-Habitat dont le chef, Florian Bruyas, a souhaité la création en RDC d'un comité interministériel ad hoc. « Sans le foncier, on ne peut parler de développement », a-t-il estimé.
Les deux parties ont convenu de « travailler ensemble dans un programme de médiation et de prévention des conflits fonciers », avec la mise sur pied d'un point focal chargé du suivi de la gestion des conflits dans les pays des Grands Lacs.
« En cette période de la globalisation, notre pays ne peut pas émerger en solitaire, sans connaître ce qui se passe autour lui. Au moment où la République démocratique du Congo se penche sur la réforme de son Code foncier et dans le cadre de l'amélioration du climat des affaires, il est important de consulter les voisins afin d'établir un véritable partenariat en Etats confrontés aux mêmes problèmes fonciers », a souligné le ministre Maj Kisimba Ngoy.
A ce propos, la délégation onusienne s'est montrée favorable à l'idée d'une tenue, sous ses auspices en RDC, d'une rencontre des ministres des pays des Grands Lacs ayant la gestion des terres dans leurs attributions. Pour rappel, l'Onu-Habitat avait déjà suggéré « une politique de bonne gestion des terres » en guise de solution des conflits fonciers au Nord-Kivu.
« Aussitôt la guerre terminée, les conflits des terres surgissent au Nord-Kivu avec le retour des déplacés dans les milieux d'origines. A cet effet, l'Onu-Habitat se prépare en conséquence pour éviter la naissance d'une autre guerre dans ces zones de retour où les champs et autres espaces sont déjà source de 400 conflits. Cependant, cette question doit être traitée avec délicatesse. Il faut aussi et surtout l'apport de l'autorité provinciale qui assure la sécurité sur toute étendue de la province », avait indiqué une source onusienne.
L'identification des zones de recasement des populations dont les terres ont été confisquées, l'élaboration d'une politique foncière et la promotion d'une bonne gouvernance « permettant à chacun d'avoir droit à la terre aux termes du Code foncier », contribuent à résoudre des conflits fonciers dans l'Est du pays. Pour l'Onu-Habitat, « l'espace foncier étant une préoccupation majeure de toute personne, tout habitat doit avoir sa portion de terre pour parvenir à la paix sociale et à la production ».
REUNION DES MINISTRES PROVINCIAUX
Les ministres provinciaux des Affaires foncières ont fait l'état des lieux de leurs circonscriptions respectives avec le ministre Maj Kisimba Ngoy, du gouvernement central, apportant leur contribution à la réflexion nationale dans le cadre du Cinquantenaire de l'indépendance de la RDC ainsi que des suggestions à la réforme du Code foncier.
Exhortés à la maximisation des recettes, ils sont, avec les conservateurs des titres immobiliers (CTI) et les chefs de division du Cadastre (CDC), convoqués en mai prochain à Kinshasa pour « réfléchir sur le passé, le présent et l'avenir du pays afin de se fixer de nouvelles bases pour la gestion des terres en RDC », a dit le ministre des Affaires foncières.
Une rencontre est également projetée avec les chefs coutumiers, également impliqués dans la gestion des terres en provinces, dont l'espace de vie doit être garanti dans la nouvelle loi qui doit clarifier la gestion de l'Etat et celle des chefs coutumiers.
« Il faut créer un cadre d'échanges avec les chefs traditionnels pour leur faire comprendre l'intérêt général pour l'Etat de prendre un tel acte qui est aussi dans l'intérêt des communautés dont ils tirent leur pouvoir », a-t-il expliqué.
L'informatisation des services du ministère des Affaires foncières pourrait bénéficier d'un partenariat avec l'Onu-Habitat.

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