Ceux qui sont habitués de se plaindre des perturbations de la circulation consécutives aux passages du président de la République dans le centre urbain de Yaoundé en ont eu pour leur compte hier et avant-hier. Car à peine Paul Biya était - il revenu d'un court séjour privé à Genève, mercredi 14 avril 2010, qu'il est reparti lendemain, 15 avril à Malabo retrouver dans l'urgence, Teodoro Obiang Nguéma, le président de la République de Guinée équatoriale et ses autres pairs qui y avaient déjà passé la nuit pour l'essentiel. Le président camerounais ne sera resté que quelques heures aux côtés de ses homologues. Il s'est ainsi contenté du « minimum syndical », laissant songeurs tous ceux des Camerounais qui croient à l'importance de cette institution.
Pourtant la cérémonie inaugurale de cette Assemblée législative instituée par la Convention adoptée par les chefs d'Etat le 25 juin 2008, lance le démarrage de ses activités au sein de l'espace communautaire, en s'appuyant sur les instruments de travail mis en place par la Commission interparlementaire et les autres institutions de la Communauté, conformément aux exigences du programme institutionnel initié par les dirigeants de la sous-région deux ans avant.
Mieux, le lancement de ce Parlement est l'aboutissement du travail de mise en place effectué par ladite Commission parlementaire, qui comptait en son sein cinq membres (députés) par Etat avec pour mission de préparer l'installation en contribuant à l'élaboration des textes organiques devant le régir. Cette commission interparlementaire faisait jusque-là office de Parlement communautaire transitoire. Elle a oeuvré en étroite collaboration avec les autres institutions de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC) en vue de contribuer aux efforts d'intégration de la Communauté dans les différents domaines couverts par le Traité et les textes subséquents.
Le rôle fonctionnel
Le nouveau cadre législatif sous-régional devrait, de l'avis de quelques pionniers interrogés mercredi à Malabo, permettre aussi à l'espace CEMAC de vivre pleinement en son sein l'expérience de nouvelles relations institutionnelles. Car, après la phase de conception, le Parlement communautaire rentre effectivement dans sa phase d'expérimentation des pouvoirs et compétences qui lui sont conférés par le Traité, les conventions et autres dispositifs juridiques. Ses compétences sont élargies. Elles vont du contrôle de l'exécutif, à la participation au processus décisionnel de la communauté.
Dans cette optique, le contrôle se traduira par le suivi des activités de la Commission de la CEMAC. En effet, une fois désigné, le président de la Commission de la CEMAC présentera au Parlement son programme d'actions. Cette présentation sera suivie de débats à l'issue desquels des recommandations pourraient être émises par voie de résolutions. Par ailleurs, le président de la Commission CEMAC devra, chaque année, soumettre pour examen un rapport général sur le fonctionnement et l'évolution de l'espace sous régional.
Le contrôle s'exercera aussi comme dans les autres institutions parlementaires sur l'exécutif de la CEMAC à travers les traditionnelles questions parlementaires. Des motions de censure, interpellations, commissions d'enquête, sont également au nombre des instruments de contrôles aux mains des députés membres de ce Parlement, dont le nombre actuel de trente, pourrait bien accroître, laisse entendre un élu de la sous-région.

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