Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: L'heure de vérité

Kinshasa — Une délégation du Conseil de sécurité foule le sol congolais ce samedi. Dans son agenda, avoir des discussions avec les autorités congolaises sur le futur mandat de la Monuc qui prend fin le 31 mai prochain.

La visite des membres du Conseil de sécurité a lieu quatre jours après la présentation, à New York, du 31ème rapport du secrétaire général de l'ONU au Conseil de sécurité par son représentant spécial en RDC. Lors de son intervention, il a proposé un calendrier pour le retrait de la Mission de l'Onu, qui irait de juin 2010 à juin 2011.

Déjà, on est assuré d'une chose : les discussions entre les deux parties s'annoncent difficiles. Le gouvernement congolais a sa position à laquelle il tient comme à la prunelle de ses yeux. Pas question de transiger là-dessus d'autant plus qu'il s'agit d'une question de souveraineté, soutient-on avec force à Kinshasa. « La Monuc doit partir et le plus rapidement possible », y réclame-t-on avec insistance.

Du côté des Nations unies, on ne voudrait pas l'entendre de cette oreille. La partition est toute différente. Partir, oui. Mais pas n'importe comment. « Pas de départ précipité de la Monuc », a mis en garde son patron qui a aligné, pour cela, un certain nombre d'arguments pour soutenir la position des Nations unies.

Doit-on alors s'attendre à une passe d'armes entre le gouvernement congolais et la délégation du Conseil de sécurité des Nations unies ? Rien n'est impossible dans la mesure où les enjeux poussent les deux parties à camper chacune sur sa position.

Est-il possible que le gouvernement de Kinshasa et la délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies mettent finalement de l'eau dans leur vin, au fur et à mesure que les discussions vont avancer ? Poser cette question c'est y répondre. Au niveau de Kinshasa, il n'a jamais été question de se laisser soumettre au diktat des Nations unies.

En attendant de voir comment la « palabre » entre Kinshasa et New York va se terminer, le ministre belge des Affaires étrangères s'est, comme bien d'autres personnalités, fait inviter au débat sur le retrait de la Monuc. Lors d'un débat public consacré à l'avenir de la RDC à l'aube de son cinquantenaire, il a plaidé pour un retrait graduel, lié à la réalisation d'objectifs, de la Mission des Nations unies en Rdc, sans doute moins rapide que souhaité par le président Kabila.

« Le gouvernement congolais voudrait que les Casques bleus (au nombre de 20.000) partent rapidement. Il faut voir cela comme une ambition d'assurer la sécurité sans troupes étrangères » sur le territoire congolais, a expliqué mardi soir le chef de la diplomatie belge. « C'est trop ambitieux », a-t-il affirmé, en citant le secrétaire général de l'Onu qui a recommandé la semaine dernière le renouvellement pour un an du mandat de la Monuc expirant fin mai, ainsi que la mise en oeuvre d'une première phase de retrait, concernant quelque 2.000 hommes, déployés essentiellement dans l'Ouest du pays.

Après dix ans de présence des Nations unies, les autorités congolaises ont demandé un retrait total courant 2011, avec un premier départ de 2.000 casques bleus autour du 30 juin 2010.

D'ici fin avril et début mai, l'opinion sera déjà fixée sur le sort qui sera réservé à la Monuc quand bien même le ministre belge des Affaires étrangères a suggéré que les tâches de la mission onusienne appelée à succéder à la Monuc, éventuellement sous un autre nom, soient « bien précisées », tout en soulignant que la RDC aurait encore besoin d'efforts de l'Onu durant « quelques années ».


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