Le Messager (Douala)

Cameroun: Centre des Handicapés d'Etoug-Ebe - Un an après le passage du pape Benoît XVI

Le souvenir du souverain pontife est loin d'avoir quitté les mémoires des pensionnaires du Centre national de réhabilitation des handicapés Cardinal Paul Emile léger d'Etoug Ebe. Un an après la « rencontre du pape avec le monde de la souffrance », les séquelles sont encore visibles sur les visages de la centaine de personnes qui ont eu la grâce et le privilège de rencontrer « le représentant de Dieu parmi les hommes ». Des deux temps forts qui ont marqué ladite rencontre (messe dans la chapelle locale puis audience publique avec la population Ndlr), les handicapés, qu'ils soient moteurs ou mentaux, en ont beaucoup reçu et vivent désormais dans l'espérance de la réconciliation avec le Très Haut.

C'est le cas de cette jeune dame que le reporter du Messager a rencontrée dans la grande cour de cet établissement le samedi 17 avril 2010. Assise dans un fauteuil roulant, maman Cécile, comme elle se fait appeler, est vêtue d'un tee-shirt blanc qui a subi l'usure du temps. On peut toutefois y reconnaître l'effigie du Saint père. « Depuis qu'elle l'a reçu ce fameux jeudi 19 mars 2009, elle le porte tout le temps », nous confie un proche. Chapelet en main, Maman Cécile dit à tue-tête des prières, à une dizaine de mètres de la stèle en carreaux qui avait été spécialement conçue pour accueillir le pape Benoît XVI. A quoi pense-t-elle à cet instant précis ? Difficile de le savoir. Mais à travers sa tenue et sa mine méditative, on peut au moins comprendre que la sexagénaire n'a pas oublié de sitôt ce moment de ferveur, de bénédictions et de communion qu'elle a vécu les yeux rivés sur le pape. Ce fatidique 19 mars, jour consacré à la fête de saint Joseph, le père des malades.

En effet, ils sont nombreux qui disent avoir été guéris, sauvés, libérés du lourd fardeau que leur faisait porter jadis leur handicap. Si pour beaucoup, l'imposition des mains du souverain pontife leur a permis de « guérir dans la foi du Christ », pour d'autres encore, ce fût un signe de délivrance. « Nous avons été témoins du miracle de la foi grâce à la venue du Saint père », soutiennent-ils.

La « grâce papale » n'a pas eu d'effet que sur les pensionnaires. Nostalgiques, Le personnel et les cadres de cet établissement ne jurent plus qu'au nom du souverain pontife, presque avec la même ferveur. Pour ceux-ci, les encouragements qu'ils ont reçus du Saint père démontrent que l'assistance et l'affection qu'ils portent au quotidien à l'endroit de ces malades est reconnue à sa juste valeur. Plus qu'une bénédiction, « c'est un signe de reconnaissance et d'espérance. Depuis ce jour, nous vivons dans l'allégresse car le Saint père nous porte dans ses prières », affirme Elda, en service depuis douze ans dans ce centre. Autre marque significative, le don du Saint père au Centre. Un présent composé de la mosaïque de la vierge marie, des médailles et des chapelets.

Institution spécialisée du ministère des Affaires sociales, le Centre national de réhabilitation des handicapés a été créé en 1972 par le cardinal Paul Emile Léger, prélat canadien. Inauguré la même année par l'ancien chef de l'Etat camerounais, Ahmadou Ahidjo, il est cédé à l'Etat en 1978, sous sa dénomination actuelle. Ce centre a pour vocation la prise en charge médicale, morale et socio-professionnelle des personnes handicapées et des enfants en danger moral. Les handicapés moteurs sont admis à l'internat, après évaluation, par une commission pluridisciplinaire. La capacité d'accueil, nous apprend-on, y est de 140 lits.

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