Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Le gouvernement prévoit une augmentation de la production de cuivre et de cobalt d'ici 2012

Kinshasa — Malgré toute l'incertitude qu'il alimente dans le secteur, avec des décisions prises à l'emporte-pièce, le gouvernement prévoit une nette augmentation des productions de cuivre et de cobalt d'ici 2012. Les observateurs du secteur minier s'interrogent cependant sur les stratégies que compte mettre en oeuvre le gouvernement pour parvenir à ces résultats. Car, depuis quelque temps, Kinshasa, plus particulièrement le ministère des Mines, multiplie des décisions au goût d'irréfléchi tendant même à décourager certains investissements dans le secteur.

La dernière en date est l'interdiction, par une simple promesse du ministre des Mines, traduite depuis en acte, des exportations des concentrés de cuivre et de cobalt à partir de la province du Katanga. Une décision qui n'avait pas laissé indifférente la Fédération des entreprises du Congo (FEC) qui avait vigoureusement réagie via sa Commission nationale des mines, la jugeant en « violation flagrante » du Code minier de 2002.

Aujourd'hui, à en croire une dépêche de Reuters citant des sources proches du ministère des Mines, le gouvernement estime que « la production de cuivre et de cobalt de la RDC devrait plus que doubler au cours de deux prochaines années, marquant une hausse des recettes ».

Toujours, selon Reuters, la hausse prévue de la production - dont la majeure partie devrait provenir de la mine de Tenke Fungurume Mining (TFM) - pourrait garnir le compte général du Trésor - le dernier record en date revenant à Frontier Sprl, filiale de First Quantum Minerals qui, fin mars 2010, a déclaré pour solde de l'impôt sur les bénéfices et profits près de 55 millions Usd.

Selon ces prévisions gouvernementales, rapporte Reuters, la production de cuivre devrait augmenter en 2012 à 851.608 T d'une estimation de 409.935 T pour cette année, tandis que la production de cobalt atteindrait 91.355 T des 39.327 T pour la même période.

Ces analyses, qui ont été confectionnées par le ministère des Mines à l'issue des consultations entre le gouvernement et les dirigeants des sociétés minières dans le courant de cette année, ont été fournies à Reuters par un membre de la commission l'ayant rédigé mais qui a requis l'anonymat.

Cette prévision optimiste intervient alors que les cadres dirigeants de Freeport-McMoRan sont en train de préparer un prochain accord avec le gouvernement au sujet de la révision de leurs contrats qui étaient en attente et qui avaient, jusqu'alors, retardé l'expansion de la mine « géant » de Tenke Fungurume Mining.

Freeport détient une participation de 57,75 % dans le projet [TFM] et les parts restantes sont détenues par la firme canadienne « Lundin Mining Corp. », avec 24,75 % et par la Gécamines avec 17,5 %.

LES RECETTES

Mettant en doute la viabilité des projets d'envergure détenues par les miniers, Kinshasa avait lancé la révision de tous les contrats miniers avec les [firmes] étrangères en 2007 dans l'effort d'augmenter les recettes du naguère lucratif secteur minier du pays.

Le document, qui dénombre également les productions de l'or, du diamant, du zinc et d'autres sources minières prévoit pour 2015, une augmentation des recettes publiques [en provenance] de l'industrie minière à 79 milliards de francs congolais (88 millions Usd) - le triple de l'apport de 2009.

« En ce qui concerne les recettes, nous nous attendons à en réaliser d'avantage, malgré la récession qui a frappé les économies occidentales, grâce à la croissance des (consommateurs) pays émergents : des pays comme la Chine et l'Inde », précise le document.

Le document reconnaît, néanmoins, que « le secteur minier congolais est parsemé de fraudes et de contrebandes » et propose une série de mesures visant à améliorer les performances tant financière que sociale et environnementale du secteur, y compris la mise en place des comptoirs gouvernementaux ainsi que l'amélioration de la traçabilité.

Pour exemple, le gouvernement a promis d'exiger dès la mi-juin 2010 le traitement de diamants bruts avant toute exportation. Bien contesté dans les milieux des négociants des diamants, le gouvernement pense que cette décision permettra de donner plus de valeur ajoutée au diamant exporté de la RDC - le pays étant le 2ème fournisseur mondial de diamants par son volume.


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