Ai-Cameroun — La Guinée Equatoriale accuse le Cameroun de servir de base arrière aux bandits armés. Lucio Aseme Eyama, gouverneur de la province de Kyé-Ntem, l'a fait savoir au cours d'une réunion de crise, le 26 avril 2010 Ebolowa, chef lieu de la Région du Sud.
Lundi, 26 avril 2010, Lucio Aseme Eyama, gouverneur de la province de Kyé-Ntem, est arrivé à Ebolowa, à la tête d'une délégation constituée de ses collaborateurs. Jules Marcellin Ndjaga, le gouverneur de la Région du sud qui l'a accueilli, ne semblait pas au fait de l'objet de sa visite. Même le tête-à-tête, entre les deux administrateurs, qui a eu lieu dans le cabinet du gouverneur du Sud, n'a pas permis au patron de cette Région camerounaise de connaître le mobile de la visite de son hôte.
Outre le gouverneur de la région du Sud, les autorités de la Vallée du Ntem, département frontalier avec la Guinée équatoriale, disent avoir été urgemment invité à se rendre à Ebolowa ce lundi, sans connaitre l'objet de l'invitation. C'est ainsi que les spéculations iront bon train dans l'entourage du gouverneur Jules Marcellin Ndjaga. Les collaborateurs pensant à l'annonce de la réouverture de la frontière avec la Guinée équatoriale, unilatéralement fermée par ce pays voisin depuis deux ans.
C'est au cours séance de travail tenue dans la salle des conférences de la station régionale de Crtv/Sud, que l'écheveau sera démêlé. Lors de cette concertation avec les autorités camerounaises, Lucio Aseme Eyama, s'exprimant en espagnol (la traduction étant faite par un enseignant de la ville d'Ebolowa), accuse le Cameroun de servir de base arrière aux gangsters qui attaquent son pays. Selon le gouverneur de Kyé-Ntem, «Des criminels en provenance du Cameroun sèment la terreur en Guinée équatoriale. Ils assassinent, pillent et violent dans ce pays ». Lucio Aseme Eyama précise que «ces bandits de grand chemin sont hébergés dans un hôtel à Kyé-ossi, l'Hôtel Etoile».
Au terme de sa plainte, le gouverneur de Kyé-Ntem, remettra un pli fermé contenant des documents confidentiels constituant preuves de ses accusations. Surpris, Jules Marcellin Ndjaga, le gouverneur du Sud avouera à son homologue de la Guinée équatoriale qu'il tenait là un scoop. Après avoir rassuré la délégation équato-guinéene sur les dispositions d'urgence à mettre sur pied, parole a été donnée à Jean Bienvenue Abanda, préfet du département de la Vallée du Ntem, pour faire le point de la situation sécuritaire à la frontière camerouno-guinéenne.
Dans son intervention, Jean Bienvenue Abanda, a relevé que l'insécurité existe dans la localité, mais pas à un seuil alarmant. Il a estimé les déclarations guinéennes à la limite de l'incident diplomatique. Le ton des échanges a presque viré à la confrontation entre les allégations guinéennes et de fortes présomptions, faciles à confirmer, selon les collaborateurs du préfet de la Vallée du Ntem, quant à la responsabilité équato-guinéenne dans les assassinats de plusieurs Camerounais en Guinée équatoriale.
Jouant de sa grande maîtrise administrative, le gouverneur du Sud a invité les parties à se concerter, sous sa supervision, en vue d'une collaboration plus étroite dans le maintien de l'ordre et de la sécurité aux frontières des deux pays.
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