Africa Info (Douala)

Cameroun: Insécurité à Kyé-ossi, concertation au sommet !

Ai-Cameroun — Les problèmes consulaires et de sécurité, entre le Cameroun et la Guinée-équatoriale, ont été examinés à Malabo, du 28 au 30 mars 2010.

La concertaion a eu lieu à Malabo, capitale de la Guinée-équatoriale, une réunion de la Commission ad hoc, chargée de l'examen des problèmes consulaires et de sécurité entre le Cameroun et la Guinée-équatoriale.

La délégation camerounaise conduite par Henri Eyébé Ayissi, ministre des Relations extérieures, comprenait entre autres personnalités, les gouverneurs des Régions du Sud et du Sud-Ouest, ainsi que des préfets de la Vallée du Ntem, de l'Océan et du Fako.

Au cours des assises, la partie camerounaise a sollicité de plus amples informations sur l'évolution de l'adaptation de la réglementation de la Guinée équatoriale aux normes Cemac sur la libre circulation des personnes et des biens, l'harmonisation des tarifs des prestations consulaires, l'octroi des facilités de régulation des permis de séjour en faveur des camerounais en Guinée équatoriale, les visites dans les prisons et les lieux de détention de camerounais par les personnels de la mission diplomatique ou du poste consulaire à Bata.

Les préoccupations camerounaises s'étendaient également à l'examen de l'octroi des conditions spéciales pour les populations riveraines des zones frontalières, au traitement réservé aux éléments signalés dans les memoranda des événements de 2004 et de 2007 relatifs aux indemnisations des victimes des expulsions.

En retour, la partie équato-guinéenne a fait savoir et expliqué que les normes de la Cemac sur les questions examinées font, en ce moment même, l'objet d'études et d'examen de la part des hautes instances de la Guinée-équatoriale. Parallèlement, la Guinée-équatoriale attend de voir que soit examiné favorablement le projet d'accord technique transfrontalier entre les deux pays. Cet accord contribuerait, d'après la Guinée équatoriale, à régler une grande partie des incidents et préoccupations évoqués.

Au sujet du rapatriement volontaire, les missions diplomatiques et consulaires respectives ont toujours été saisies avant toute expulsion des sans-papiers. Les conditions d'entrée et de séjour en Guinée-équatoriale étant régies par des lois adoptées par le parlement. Toutefois, l'on n'écarte pas la possibilité de négocier l'harmonisation desdites conditions sur la base du principe de la réciprocité.

A propos des visites dans les prisons, la partie équato-guinéene confirme que la garde ou la détention de tout ressortissant étranger est communiquée à tout moment à la mission diplomatique ou consulaire correspondante. Concernant l'expulsion des étrangers aux frontières du Cameroun, la partie équato-guinéene a fait savoir qu'elle ne reconnaît pas d'expulsion d'étrangers au Cameroun. Elle éprouve des difficultés d'identification en cas d'immigration illégale massive, d'où l'expulsion vers les pays de provenance.

A cet égard, la partie camerounaise a demandé que les expulsions des étrangers se fassent désormais vers les pays d'origines des clandestins. Quant à l'exemption des visas pour les personnalités déterminées des deux pays, dans le cadre des voyages officiels dans l'une ou l'autre partie, à l'exemple des membres du gouvernement et des fonctionnaires diplomatiques et consulaires, la partie équato-guinéene a pris bonne note de la proposition camerounaise et attend de recevoir de la partie camerounaise, le projet de protocole d'accord correspondant sur cette question.

Le groupe de travail chargé des affaires consulaires, dans le but de résoudre les problèmes transfrontaliers de manière opportune et efficace, a proposé la création d'un comité mixte de suivi et d'évaluation qui serait composé de responsables administratifs, de responsables de la police, des autorités frontalières, diplomatiques et consulaires, ainsi que des représentants des ministères des Relations extérieures. Cette composition pourra être communiquée par voie diplomatique. Le comité pourra se réunir aux dates et lieux convenus d'accord parties, pour élaborer ou adopter son propre règlement intérieur.

S'agissant de la circulation dans les deux sens des populations riveraines des deux pays, le comité mixte dont la création est envisagée sera chargé de la définition des critères et modalités de ladite circulation transfrontalière.

Quant au traitement réservé aux dossiers signalés dans les memoranda des événements de 2004 et 2007, la partie équato guinéene a indiqué n'avoir pas reçu lesdits documents et attend de les recevoir afin de les transmettre aux instances compétentes pour examen.

A la fin des travaux, les deux parties ont procédé à l'échange de documents sur les incidents et préoccupations des deux pays, afin d'y apporter des solutions appropriées permettant d'améliorer les relations et la coexistence pacifique entre leurs peuples.


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