La décision prise par le directeur général de l'Anor lundi dernier, de peser les bouteilles de gaz avant leur commercialisation, vise à prévenir les arnaques.
Dépôt de gaz SCTM de Mvan à Yaoundé. Déjà 10 h ce jeudi matin. Mais aucun signe de vie dans l'entrepôt, où on aperçoit à travers la barrière, encore fermé par un fil de fer, des bouteilles de gaz soigneusement rangées les unes sur les autres. Hors du magasin, à quelques pas, un jeune homme s'emploie à faire sortir des bouteilles de gaz d'un container. D'un côté, il range celles qui sont vides et d'un autre, les bouteilles pleines prêtes pour la vente. Franck T est employé dans cette société. Et il est au courant de la dernière actualité sur le gaz. Pour lui, « c'est bien si on peut désormais peser le gaz avant de le vendre. Ça nous évitera ces nombreuses plaintes quotidiennes que nous avons ». Pour cet homme, le problème de bouteilles à moitié pleines, se pose au niveau du chargement. « Généralement, quand je soulève une bouteille, je peux estimer si elle est pleine ou pas. Parmi les 12 bouteilles qui sont exposés là, il y a au moins quatre que j'ai détectées », ajoute-t-il.
Lundi dernier, les opérateurs de la filière gaz, se sont réunis autour du directeur général de l'Agence des normes et de la qualité (Anor), pour mettre fin à une situation qui n'a que trop duré. La concertation s'est soldée sur un consensus général. Tous les points de vente de gaz agrées et les stations services devront dorénavant disposer de balances électronique et de ponts bascules pour peser chaque bouteille de gaz à l'achat. « Des contrôles inopinés seront effectués dans ces points de vente pour s'assurer qu'elles ne sont pas tronquées », déclare Charles Booto à Ngon, DG de l'Anor. Une date effective n'a pas encore été fixée pour le début des contrôles. Toutefois, elle prendra effet dès que les modalités pratiques de contrôle seront connues. « Je signerai dans les tous prochains jours une lettre circulaire à cet effet », ajoute le directeur général de l'Anor.
Au niveau des commerçants, la nouvelle est accueillie avec beaucoup de réserves. Alino N., employé à Unigaz, s'interroge sur la faisabilité de cette décision : « je doute que cette mesure puisse changer grand-chose au mal. Il faut qu'on retire les vieilles bouteilles de gaz qui circulent encore. Le gouvernement doit plutôt mettre un système de contrôle des bouteilles dès le chargement à la Société camerounaise de dépôt pétrolier (SCDP) », suggère-t-il. Pour l'un de ses acolytes, c'est tout simplement peine perdue. « Si l'Etat s'engage à fournir des balances à chaque commerçants, c'est tant mieux. Mais sinon, je ne pense pas que tous les commerçants notamment ceux qui détaillent dans les quartiers, puissent s'offrir des balances », confie-t-il. Il ajoute par ailleurs que l'autre problème que risquerait de se poser ce sont les bouteilles elles-mêmes. « Il peut arriver que la bouteille pèse plus et dès lors que le gaz contenu à l'intérieur, combiner au poids de la bouteille donne 12,5kg comme demandé, on aura toujours ce problème », ajoute-t-il. La solution serait donc de fixer un poids précis pour les bouteilles vides, afin de s'assurer que le chargement respecte les normes en cours.
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