Pour exiger le départ de l'entreprise française Véolia, les agents des entreprises nationales s'occupant du nettoiement et de la collecte des ordures ménagères menacent de laisser la capitale envahie par les ordures.
Après les chefs d'entreprises du nettoiement qui accusent le gouvernement du Sénégal de faire de la discrimination en faveur de Véolia, une entreprise française qui a en charge le nettoiement et la collecte des ordures ménagères dans le Plateau et la Médina, c'était, hier, autour des employés de ces entreprises de manifester pour exiger le départ de l'entreprise française. De nombreuses pancartes brandies par les manifestants demandent le départ de Véolia. Et pour obtenir gain de cause, les agents de ces entreprises nationales qui s'occupent du reste de la région de Dakar, ont menacé d'arrêter la collecte des ordures ménagères.
'Nous demandons le départ de Véolia, parce que cette entreprise n'arrive pas satisfaire la demande', déclare Madani Sy, le secrétaire général du Syndicat des travailleurs du nettoiement. 'Nous allons paralyser le système de nettoiement de Dakar à Yènn, car nous n'accepterons pas qu'une certaine frange des autorités fasse la sourde oreille', s'empresse-t-il d'ajouter, expliquant qu'à chaque fois qu'ils tirent leur épingle du jeu, c'est un éternel recommencement. Et si ces agents demandent le départ de la multinationale française, c'est pour permettre aux sociétés nationales de briller dans les ordures. Ces chefs d'entreprises accusent régulièrement Véolia de leur faire de l'ombre.
En plus, à en croire le secrétaire général du Syndicat des travailleurs du nettoiement, les conditions de travail et de vie des travailleurs se sont nettement améliorées grâce à ces entreprises locales. 'Si, aujourd'hui, nous avons retrouvé notre dignité, si nous avons été embauchés, c'est grâce à l'Entente Cadak-car. Depuis que nous sommes embauchés au mois mai de juillet 2009, nos cotisations sociales ont été régulièrement reversées à l'Ipres et à la Caisse de sécurité sociale. Et depuis trois ans, les autres ont été régularisés', se félicite Madani Sy. Se vantant d'être les premiers travailleurs du nettoiement dans la région de Dakar, depuis 1999, Madani Sy et ses camarades indiquent que si l'Agence pour la propreté du Sénégal (Aprosen) existe, c'est grâce à eux. En outre, Madani Sy rappelle qu'il y a onze ans, quand l'Aprosen leur avait signifié qu'elle ne pouvait pas les embaucher, ils se sont séparés à l'amiable. Après la dissolution de l'Aprosen, Ama Sénégal a pris la relève avec mille neuf cent agents, fait-il savoir.

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