Kinshasa — Entre le gouvernement et la Fédération des entreprises du Congo (FEC), notamment au travers de sa Commission nationale des mines, les rapports sont tendus.
A Lubumbashi où s'est ouverte hier vendredi 21 mai la 3ème édition des journées minières du Katanga, la FEC a appelé à un « dialogue franc » avec tous les acteurs du secteur minier (gouvernement, Société civile et opérateurs miniers) en vue de permettre aux miniers d'opérer en toute sérénité. Aussi, pour la FEC, cette troisième édition est-elle inscrite sous le signe du dialogue. A cet effet, elle a mobilisé tout ce qu'elle compte comme grands noms dans le secteur minier au Katanga pour « démontrer et convaincre » du bien-fondé du secteur dans le grand projet de reconstruction de la RDC. Question de prouver qu'elle demeure un partenaire incontournable pour le gouvernement - donc, digne d'être écouté.
Les opérateurs miniers de la province du Katanga - en tout cas ceux que la province compte de plus grands - n'ont pas loupé le rendez-vous de cette 3ème édition des journées minières de la province. Tous ont répondu présents à l'appel de la Commission nationale des mines, branche spécialisée de la Fédération des entreprises du Congo.
Depuis trois ans, ce forum est devenu un cadre de prédilection où les miniers - les vrais - étalent leurs réalisations et dévoilent leurs projets.
C'est donc sur la plage du complexe commercial du même nom, au bord du symbolique lac Tshombé, que s'est ouverte hier vendredi 21 mai la 3ème édition des journées minières du Katanga sous le thème à la fois évocateur et interpellateur : « Mine et développement économique sur fond de crise ».
La FEC, agissant par la Commission nationale des mines, n'a pas raté l'occasion pour sortir de ses gongs. A travers de Simon Tumawaku, président de cette commission, le patronat congolais a appelé le gouvernement à un « dialogue franc » avec les opérateurs miniers, lassé, semble-t-il dire, par des décisions contre-productives de l'Exécutif national. « Il est temps de laisser les opérateurs miniers se déployer pour apporter leur pierre à la reconstruction nationale », a déclaré sous le sceau de l'anonymat un opérateur minier.
Pour Simon Tumawaku, les 3èmes journées minières du Katanga sont également une « occasion de dialoguer » d'une part, avec différents acteurs du secteur minier au sujet des préoccupations du secteur minier, et d'autre part, une « occasion de faire le point du partenariat public-privé dans le secteur privé » depuis son expérimentation en 1995.
Dialoguer pour aplanir les divergences
C'est autour du dialogue entre acteurs du secteur minier que la FEC a placé l'édition 2010 de ces journées minières. A ce propos, Simon Tumawaku a souligné « l'urgence » d'un dialogue entre la FEC et le gouvernement pour, selon lui, « sécuriser le secteur minier ». Il n'a pas feint d'ignorer des «signes encourageants et des mesures concrètes », prises notamment au niveau du ministère du Plan, rappelant cependant que beaucoup reste à faire pour permettre aux opérateurs miniers d'exercer en toute sérénité.
En véritable porte-parole des miniers, il a fait remarquer que ces journées minières sont une belle opportunité pour les opérateurs du secteur de «démontrer et convaincre» du bien-fondé des investissements miniers autant pour le pays que pour la province du Katanga.
Mais, bien avant lui, c'est le président du Comité professionnel des miniers du Katanga, Eric Monga, qui a planté le décor, en ouverture de ces journées, en fixant le cadre et les motivations. Comme Tumawaku, il a fait comprendre que «ces journées minières donnent l'occasion au secteur minier du Katanga de montrer ce qu'il est en train de faire sur terrain».
Un partenaire pour la reconstruction
Décidément, la FEC a voulu démontrer - en empruntant le mot de Simon Tumawaku - que c'est un partenaire sur lequel l'Etat congolais doit compter pour son dévéloppement. Ces journées minières du Katanga se sont révélées comme une véritable démonstration de force.
Sur la plage artificielle du lac Tshombé, une imposante tente dressée pour la circonstance, rappelle aux visiteurs la grandeur des exposants - il s'agit de plus grands contribuables que compte le fisc congolais dont Frontier Sprl, filiale de First Quantum Minerals, primée par le trophée Mwana Mboka 2010 pour sa contribution record de près de 55 millions Usd à titre d'impôt sur les bénéfices et profits pour l'exercice 2009.
Devant la multitude d'entreprises qui comptent pour le pays en ce temps de reconstruction nationale, le vice-gouverneur de la province du Katanga, représentant Moise Katumbi, gouverneur de la province, empêché, ne pouvait donc pas se retenir pour jeter des fleurs à ceux qui font la fierté de sa province. Aujourd'hui, a-t-il dit, la province du Katanga a retrouvé sa vocation minière et son « rôle leader » dans le secteur minier. Selon lui, ces journées minières, qui font suite à la grave crise financière mondiale qui n'a pas épargné la province, sont une occasion pour les miniers «d'approfondir leurs réflexions et avoir à l'esprit les préoccupations sociales de nos populations».
C'est aujourd'hui samedi que se clôture cette 3ème édition des journées minières du Katanga. Ce qui devait, pour la FEC, augurer une ère de collaboration avec le gouvernement et d'autres partenaires de la Société civile.

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