Dimanche 23 mai 2010, quelque trente-deux millions d'Ethiopiens se sont rendus aux urnes pour le renouvellement du Parlement. La quatrième élection multipartite de l'histoire du pays dont l'issue est inéluctablement connue à l'avance : sauf tremblement de terre, comme qui dirait, ce scrutin législatif consacrera, une fois encore, la victoire du parti au pouvoir, le Front révolutionnaire et démocratique des peuples d'Ethiopie (EPRDF).
Si dans l'ensemble, la consultation s'est déroulée sans incidents majeurs, l'orage gronde toujours sur l'ancienne Abyssinie.
Déjà, des organisations de défense des droits humains et l'opposition dénoncent des « irrégularités », comme les bourrages d'urnes, qui auraient été constatées dans certains bureaux de vote.
Alors, quel accueil sera réservé d'abord, au verdict du bureau national éthiopien des élections (NEBE), attendu, en principe, aujourd'hui, et ensuite, à la proclamation officielle des résultats définitifs, prévue pour le 21 juin ? La question hante beaucoup d'esprits, qui ont toujours en mémoire les scènes de violences postélectorales de 2005, lesquelles s'étaient soldées par la mort de plus de deux cents personnes et l'arrestation des principaux leaders de l'opposition.
Car au-delà des oripeaux démocratiques dont il se drape par la tenue régulière d'élections, l'actuel régime éthiopien, dirigé par le Premier ministre Meles Zenawi, au pouvoir depuis dix-neuf ans, reste totalitaire. Un monstre froid qui dévore tous ceux qui tentent de contester son pouvoir :
Syndicalistes, opposants, activistes des droits de l'homme et surtout journalistes mènent leurs activités, l'épée de Zenawi au-dessus de la tête. Si fait que les dernières législatives sonnent comme de simples formalités pour offrir un soupçon de légalité à un pouvoir fascisant.

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