Kinshasa — La troisième édition des journées minières du Katanga, organisée pendant deux jours sur la plage artificielle bordant le lac Tshombé à Lubumbashi, s'est clôturée le samedi 22 mai 2010 par une note positive.
L'industrie minière du Katanga s'est fait un nouveau visage pour une synergie entre l'activité minière et le développement socio-économique de la province. La Commission nationale des mines et le Comité professionnel des miniers du Katanga - ses organisateurs - ont gagné leur pari. Celui d'avoir convié tous les acteurs du secteur à regarder dans la même direction pour la relance de l'industrie minière du Katanga.
Pari gagné pour la Commission nationale des mines, branche spécialisée de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), qui a mobilisé pendant deux jours, soit du 21 au 22 mai 2010, sur la plage artificielle de la ville de Lubumbashi les ténors de l'industrie minière du Katanga. Placées sous le thème: «Entreprises minières et développement socio-économique du Katanga», les opérateurs ont pu, durant cette troisième édition des journées minières du Katanga, «démontrer et convaincre» des bien-fondés de l'industrie minière autant pour le Katanga que pour la République démocratique du Congo.
C'était aussi l'occasion pour les miniers, les para-miniers et autres sous-traitants directement liés à l'industrie minière d'exposer leurs produits et de parler de leur production.
A la clôture de ces journées, le samedi 22 mai 2010, Eric Monga, président du Comité professionnel des miniers du Katanga, a salué la participation de différentes entreprises minières qui ont, une de plus, étalé leur savoir-faire et ouvert le secret de leurs activités pour démontrer l'impact positif de l'industrie minière dans la province du Katanga. Il n'a pas manqué d'interpeller le gouvernement, l'invitant à asseoir un dialogue permanent avec les entreprises minières pour une bonne coordination de ce secteur, censé être le moteur du développement de la RDC.
Ciontinuant sur la même lancée, il a fait observer que ces journées minières ont aussi donné l'occasion aux entreprises minières de montrer ce qu'elles font et de le faire savoir à la fois à l'Etat, à la Société civile ainsi qu'aux investisseurs, et à la population d'être bien informée.
Promouvoir le potentiel minier de la RDC
Mais, déjà la veille, le président de la Commission nationale des mines, Simon Tumawaku, a, au cours d'un entretien avec la presse, circonscrit le cadre de ces journées minières pour lesquelles, a-t-il dit, la FEC s'est fixé l'ambition de les étendre sur l'ensemble du pays pour valoriser le potentiel minier de différentes provinces de la RDC. «Nous avons l'ambition de faire de ces journées un mini-Indaba, et pourquoi pas inclure d'autres provinces, car des études ont démontré que toutes les provinces de la RDC ont un potentiel minier».
Comment le secteur minier gère-t-il l'après-crise financière? Sur ce point précis, Simon Tumawaku s'est montré optimiste, se félicitant que la plupart des opérateurs miniers de la province sont sorties de la zone de turbulences. Cependant, note-t-il, il y a des paramètres extérieurs qui peuvent freiner l'expansion de l'activité. C'est notamment, a-t- souligné, la reprise de la demande mondiale des métaux dont dépend la cadence de la production. «Il y a des perspectives très agréables que nous envisageons. Mais, il faut que la demande mondiale suive pour que les entreprises arrivent à soutenir la croissance de leurs activités», a-t-il indiqué.
Entre le gouvernement et la Commission nationale des mines, il a fait remarquer que les rapports sont souvent tendus par le fait que le gouvernement prend souvent des décisions de manière unilatérale sans préalablement impliquer le secteur minier alors qu'un cadre de concertation a été mis en place par le ministre des Mines pour débattre de tout problème touchant au secteur. «Certaines décisions du gouvernement vont dans le sens de décourager les entreprises minières», rappelle-t-il, relevant que «la commission gouvernement-FEC qui devait servir de lieu d'échanges n'a jamais fonctionné. Pourquoi? On ne sait».
Malgré quelques «incompréhensions» dans leur rapport avec le gouvernement, la Commission nationale des mines qui encadre une bonne partie d'opérateurs miniers reste confiante. «Nous restons ouverts à l'échange en vue d'aplanir certaines divergences».
Les dossiers qui divisent
Sans être exhaustif, il a évoqué, à titre d'illustration, les dossiers Ceec, l'Occ et le Foner pour lesquels aucun compromis n'a encore été dégagé avec le gouvernement, celui-ci préférant imposer son point de vue alors tous les problèmes devaient se résoudre de manière consensuelle, suivant l'esprit de la commission instituée récemment par le ministre des Mines. «Un compromis est possible pourvu que chacun travaille dans le sens de l'épanouissement du secteur minier ( ). Il faut tout faire, chacun en ce qui le concerne pour éviter une éventuelle confrontation. Et, on n'est pas encore à ce stade-là. On continue à espérer que le gouvernement finira par revenir à la raison », pense-t-il.
Mais, quand le Cadastre minier appelle la FEC à mobiliser ses membres pour plus de visibilité de leurs actions sur terrain, huit ans après la publication du Code minier, Simon Tumawaku affirme haut l'incompétence du patronat congolais à répondre à cet appel. «Lorsque le Cami regrette que la plupart des entreprises détentrices des titres miniers tardent à passer à la phase d'exploitation, ce n'est pas à la FEC de leur rappeler à l'ordre. La FEC est limitée. C'est au gouvernement de faire ce travail dans son rôle d'administration du Code minier en contraignant notamment, les entreprises qui détiennent les titres miniers sans pour autant évoluer sur terrain», affirme le président de la Commission nationale des mines.
A toutes ces interpellations de la FEC, le directeur de cabinet du ministre des Mines, également présent pendant ces journées minières, a pris le temps de les digérer. C'est le samedi 22 mai à la clôture qu'il se prononcera sur différents points soulevés par le patronat.
Il a notamment appelé à «plus de collaboration» entre tous les acteurs impliqués dans le secteur minier, invitant la FEC à «aider le gouvernement pour le respect dans le chef de ses membres de la législation minière».
Pour sa part, Mme Thérèse Lukenge, ministre provincial de l'Environnement, représentant le gouvernement provincial à la cérémonie de clôture, a jeté des fleurs à la FEC pour cette initiative qui, a-t-elle dit, «a ressenti l'impérieuse nécessité d'organiser les présentes journées qui constituent un carrefour d'expression des problèmes que soulève l'activité du secteur minier». C'était aussi une belle opportunité pour le patronat congolais de «pallier au déficit communicationnel qui existe entre les pouvoirs publics, les entreprises minières et la population».
Fort de l'impact positif de ces journées minières dans la perception que le public se fait du secteur minier, Thérèse Lukenge a fait remarquer que ces journées ont également permisaux acteurs micro-économiques d'autres secteurs de «relever le défi du processus du développement économique sur base des effets d'entrainement liés aux informations relatives aux besoins des miniers».
Des prix aux plus performants
La troisième édition des journées minières du Katanga a connu une touche particulière avec la remise des prix aux entreprises qui se sont distinguées dans le secteur.
Ainsi, par exemple, Tenke Fungurume Mining a été reçu deux fois, notamment en tant que meilleure production de cuivre métal et plus grand investissement minier réalisé en RDC. First Quantum Minerals a également réalisé un doublé, par sa filiale Frontier Sprl, comme meilleure production de cuivre en concentré et meilleure contribution au budget de l'Etat ou prix citoyen.
Dans le rang des sous-traitants pour des entreprises tenues par des congolais, Trade Service a été reconnu, ex aequo avec Gecotrans, comme meilleure facilitation, intermédiaire, mandataire en mines et carrières et transitaire.
Environemental and construction services (EMCS), entreprise totalement congolaise tenue par François Nzekuye, a été primée comme meilleure accompagnateur des miniers.
Dans la rubrique de la meilleure presse minière en RDC, la palme d'or est revenue à Mining News magazine, organe tenu par un journaliste congolais, Franck Fwamba, pour sa longévité, sa qualité, les capitaux investis et son audience auprès des décideurs tant en RDC qu'à l'étranger.

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