La Commission électorale nationale indépendante, CENI est entrain d'offrir à l'opinion un véritable spectacle sur le déroulement du processus électoral, son Président, Ben Sékou Sylla en tête, nous fait remarquer des observateurs.
Après avoir pris l'engagement de tenir le scrutin le 27 juin 2010, le Président de la CENI, absent du pays depuis plusieurs mois pour des raisons de santé, ne s'ennuie pas s'attirer la foudre de l'opinion sur ses prises de positions inconstantes.
Cette semaine qui s'achève aura été marquée par cette rumeur qui a failli emporter la CENI sur le report probable des élections, qui serait proposé par Ben Sékou Sylla au Général Konaté, depuis Paris. Et la rumeur évoquait ce que beaucoup savaient déjà et qui serait lié aux impréparatifs de la CENI pour la tenue d'un scrutin régulier, démocratique et incontesté.
Si du côté de son Bureau Exécutif, la CENI cherche désespérément à rassurer l'opinion sur son engagement infaillible à respecter la date du 27 juin, les plus proches de la structure, n'ignorent pas qu'ils jouent avec le feu en parlant de report. Pourtant, et sans faire allusion à la position du Premier Ministre Jean- Marie Doré qui ne cache pas sa préférence à un report du scrutin, bien de choses semblent ne pas être au point à trois semaines de la date indiquée.
Si la confection des listes électorales et d'émargement est finie, celle des cartes d'électeurs aussi, d'après la CENI; il reste que la distribution de ce matériel et particulièrement des cartes d'électeurs n'est pas entamée encore, constate t-on. De même, la carte des 8 200 BV n'est pas prête tout comme la mise en place d'un système de sécurisation des résultats, proposé par une société sud africaine (adjudicatrice du marché des bulletins de vote). Une source de la CENI nous indiquait, il y a trois jours que l'appel d'offre serait lancé à la fin de cette semaine -soit le vendredi 4 juin.
A ces ennuies techniques, viennent se greffer des soucis financiers. Les 10 milliards représentant le reliquat du gouvernement et les fonds nécessaires au déploiement de la force spéciale pour la sécurisation du processus électorale (FOSPEL), seraient attendus par la CENI.
Si la presse publique est entièrement prise en charge par le gouvernement qui a débloqué près d'un milliard de francs pour les équipes multimédias, il reste de tout de même que la presse privée (radios, journaux et sites) demeure des parents pauvres. Et cela devrait préoccuper si l'on veut avoir une lecture correcte du processus au lendemain du scrutin.
Et tout état de cause, les Guinéens qui fondent un immense espoir sur le scrutin de 27 juin 2010, accepteraient difficilement un éventuel report. A moins que les acteurs en cause décident de tirer les leçons et céder sans pression la place à une équipe plus dynamique et plus compétente pour faire face au défi.
Pour plus d'une personne, cette décision ultime, n'appartiendrait qu'au Général Sékouba Konaté, le seul maître à bord pour conduire à terme et sans le moindre dérapage de cette transition. Si cette option est envisagée, la CENI et le Gouvernement devraient impérativement changer de main au profit d'autres compétences.
Heureusement, dans un entretien accordé par Ben Sekou Sylla a une radio de la place s'est opposé à tout report du scrutin surtout que des observateurs de l'Union Européenne sont déjà dans nos murs.
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