Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Grande bataille pour le projet de construction de la seconde ligne Inga-Kinshasa

Kinshasa — Neuf entreprises, dont le Français Bouygues, ont soumissionné pour la construction de la seconde ligne haute tension (258 km) devant relier le barrage hydroélectrique d'Inga à Kinshasa, rapporte AFP, citant de source proche du dossier.

Les neuf entreprises soumissionnaires sont ETDE, la filiale électricité et maintenance de Bouygues construction, Elecnor, Ineo, KEC International, Kalpataru International, Sae-Gammon, Wietc-Hypec, Isolux et Synohydro, indique la source, se référant aux informations livrées par le Bureau central de coordination (Bceco), qui a recueilli les offres pour le compte du gouvernement.

Pour la construction de cette ligne électrique longue de 258 km, ETDE propose 77,9 millions Usd, soit la troisième meilleure offre à côté des indiens Kalpataru International (63,5 millions Usd et KEC International (49,6 millions Usd). Le chinois Synohydro présente l'offre la plus cher avec 166 millions Usd, les autres prix oscillant entre 85,1 et 127 millions.

La vétusté des installations de production et de distribution de l'électricité en RDC est à l'origine de pannes de courant quasi-quotidiennes ces dernières années, notamment à Kinshasa.

La construction de la 2ème ligne Inga-Kinshasa, cependant, se fera sur financement de la Banque Européenne d'Investissement (BEI). De l'ordre de 140 millions Usd, ce financement est déjà alloué et la durée de travaux est estimée à 3 ans.

L'existence d'une seule ligne de transport actuellement saturée, est l'une des principales causes du délestage. L'assainissement et l'amélioration de la desserte en électricité dans la capitale dépendent, en grande partie, de la construction d'une deuxième ligne électrique au départ d'Inga, note une source technique proche de la Snel).

Le complexe d'Inga constitue le coeur du parc de production de l'énergie électrique de la RDC. Situé dans la partie Ouest du pays, à environ 300 km en aval de Kinshasa.

Mais le potentiel énergétique du pays est aujourd'hui en quasi-hibernation du fait des équipements mal entretenus. En effet, la Snel ne peut plus assurer la maintenance de ses machines selon les normes. Selon les statistiques de la Snel, seulement 5% de la population congolaise a accès à l'énergie électrique. A Kinshasa, la présence dans les ménages du courant électrique constitue l'exception, tandis que l'absence ou le délestage constitue la règle.

Avec l'accroissement de la population dans la capitale et la floraison de petites unités de production, la demande devient de plus en plus forte. Pour les provinces, le déficit d'énergie électrique est plus criant. La seule province du Katanga, avec son potentiel minier, a besoin de 800 MW en plus des 1.424 MW qu'elle reçoit actuellement. A eux seuls, Kinshasa et le Katanga souffrent actuellement d'un déficit de 1.400 MW, alors que toute la production d'Inga est actuellement de 1.750 MW.


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