Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: L'extrême pauvreté source de discrimination entre parents et enfants

La banque mondiale et l'Unicef ont organisé hier, mercredi, un atelier de restitution de l'étude sur la vulnérabilité et la mobilité des enfants. Cette rencontre s'est déroulée dans un hôtel de la place et a permis de rendre publics les résultats des enquêtes menées par les deux organisations au niveau national, relatifs notamment aux origines et les déplacements des enfants ruraux.

« Aujourd'hui 300000 mille enfants vivent séparés de leurs parents surtout à Kolda, Kaolack Louga et Thiès, nous allons nous atteler à enrayer ce phénomène de mobilité des enfants » a annoncé M Ian Hopwood, le représentant de l'Unicef. C'était hier, mercredi lors de l'atelier de partage sur les résultats de l'étude sur « la vulnérabilité rurale et la mobilité des enfants ». Cette étude qui s'est déroulée dans un hôtel de la place, a été initiée par la Banque mondiale et l'Unicef. Les enquêtes menées par ces deux organismes au niveau national et relatives à la vulnérabilité et la mobilité des enfants, ont donné lieu à des résultats probants sur la question des origines de ce phénomène.

Ainsi, à l'analyse du contenu du document, de multiples raisons expliquent ce phénomène. La pauvreté reste toutefois la cause essentielle. « La pauvreté est si grande que le salaire gagné par un enfant permet à une partie de la famille de survivre » a expliqué Mauricia Tovo de la Représentante de la Banque mondiale. Une situation de précarité dans les zones rurales conduit les parents a placé leurs enfants comme domestiques dans des familles d'accueil. « Il n'est guère surprenant que des ménages vulnérables soient enclins à utiliser les enfants dans leurs stratégies de survie », a déclaré Mme Khady Diop, ministre de la Famille.

Les enquêtes menées dans les zones rurales du Sénégal, surtout dans les zones pourvoyeuses de cette immigration, ont renseigné que dans les 569 ménages visités dans une zone, en moyenne 197 enfants ont déménagé vers les zones urbaines pour des raisons économiques, sociales ou religieuses. Selon Mme Tovo, la plupart des parents interrogés soutiennent que « l'agriculture ne nourrit plus son homme, donc il faut penser envoyer les enfants trouver mieux en milieu urbain ». En outre, les résultats de cette étude ont démontré que la majorité des ménages enquêtés sont favorables à la migration de leurs enfants. Or, selon la Convention sur les droits de l'enfant, les enfants ne doivent être astreints à aucun travail comportant des risques ou susceptibles de compromettre leur éducation ou de nuire à leur développement. Et Mme Tovo d'ajouter « Ils demeurent souvent cachés derrière les murs d'une maison. Ils sont sans protection contre les mauvais traitements qu'ils subissent ».

Pour pallier à la vulnérabilité de ces enfants, le gouvernement sénégalais a financé un certain nombre de micro projets et d'offres de services au profit des familles vulnérables, selon Mme la ministre de la famille. Ceci dans le but d'augmenter leurs capacités à mieux faire face aux différents chocs pouvant compromettre le développement de leurs enfants. La Banque mondiale, pour arriver à un changement de comportement des communautés, a instauré un programme et mis en place des moyens financiers pour aider les parents ou les tuteurs de ces enfants pauvres, ainsi que ceux qui vivent avec le Vih.


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