Kinshasa — Le Burundi et le Rwanda vont organiser entre juin et août 2010 plusieurs scrutins qui devront culminer au choix des futurs présidents de ces deux Etats. Mais les conditions de transparence et de crédibilité sont loin d'être réunies. Ce qui présage d'ores et déjà des violences post-électorales qui pourront aboutir à une nouvelle crise dont les conséquences risqueront de s'étendre dans toute la Région des Grands Lacs , et plus particulièrement en République démocratique du Congo qui entrera dans la danse en 2011.
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Le Burundi et le Rwanda organisent entre juin et août 2010 plusieurs scrutins qui devront culminer à la désignation de futurs chefs d'Etat. La présidentielle burundaise est fixée au 28 juin 2010 alors que les électeurs Rwandais iront aux urnes le 9 août prochain.
Cependant, ces élections portent les germes de la violence avec de nombreuses lignes de fractures qui se font de plus en plus jour et engendrent des tensions multiformes dans ces deux pays de la Région des Grands Lacs.
Au Burundi, la large victoire prévisible du Conseil national pour la Défense de la Démocratie -Forces pour la Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) constitue la pomme de discorde.
Les principaux partis d'opposition dont l'Unité pour le progrès national (UPRONA), le Front pour la démocratie au Burundi (FRODEBU), et les Forces nationales de Libération (FNL) continuent d'ailleurs à contester les résultats des élections municipales, entachées, selon eux, de nombreuses irrégularités. Ils demandent l'organisation de nouvelles élections transparentes et crédibles sans oublier la dissolution de la Commission électorale nationale indépendante (CENI ). Exigences que le président sortant Pierre Nkurunziza balaye d'un revers de la main et tient mordicus à organiser la présidentielle au 28 juin.
Et au creux de ce bras de fer, l'opposition a décidé de retirer ses candidats, à la fois , pour la présidentielle du 28 juin et les législatives du 23 août 2010.
Ce qui signifie que Pierre Nkurunziza est resté le seul candidat à la course présidentielle dont le résultat est connu d'avance faute d'opposant.
Entre-temps la guérilla urbaine et rurale se fait de plus en plus échos avec des explosions à la grenade.
De même, une rébellion est, selon certaines indiscrétions, en gestation surtout avec la disparition tactique du leader des Forces nationales de Libération (FNL), Aghaton Rwasa.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour l'éclatement d'une autre crise plus meurtrière au Burundi, d'autant plus que les partis d'opposition regroupés au sein de l'Alliance démocratique pour le changement ont déjà fait savoir qu'ils ne reconnaîtront pas le président qui sera issu de l'élection du 28 juin 2010.
CONGO DEMOCRATIQUE
D'une crise à une autre, les Rwandais se préparent à la tenue de l'élection présidentielle le 9 août 2010. Mais là aussi les violons sont loin de s'accorder entre le pouvoir et l'opposition.
La période pré-électorale est caractérisée par des explosions à la grenade, les arrestations des opposants, des intimidations et l'exil forcé de plusieurs personnalités.
L'opposition, rappelle l'agence Misna, a invoqué à maintes reprises le report des élections, accusant le régime (Fpr) de manque de transparence et de présumées irrégularités.
Pas plus tard que le mercredi 23 juin 2010 , le président de la Commission électorale, Chrysologue Karangwa a annoncé que les dossiers d'inscription pour participer à la présidentielle du 9 août prochain devraient être déposés à partir d'hier jeudi.
Après cette annonce, la commission électorale a, cependant, fait savoir que l'opposante Victoire Ingabire ne sera pas autorisée à déposer sa candidature à la prochaine présidentielle au motif qu'elle est poursuivie par la justice rwandaise. Cette politique d'exclusion fait dire à un analyste que le président Paul Kagame n'est prêt pas à organiser une élection libre et transparente qui risquera de parvenir à l'alternance démocratique dans ce pays de mille collines.
Comme on peut le constater, ces deux brasiers qui sont en train de s'allumer au Burundi comme au Rwanda menacent également la région des Grands Lacs toute entière avec de graves conséquences dans les provinces de l'Est et du Sud de la République démocratique du Congo.
Compte tenu de la proximité géographique, le Congo démocratique sera obligée d'accueillir plusieurs centaines des milliers des réfugiés en provenance de ces Etats avec tous les risques de dégâts sécuritaires et environnementaux.
En plus, comme en 1994, les personnes accueillies sur le sol congolais en vertu des principes du droit humanitaire pourront devenir les agents déstabilisateurs dans ce pays de l'Afrique centrale. Une façon d'appeler la Communauté internationale à prendre des mesures préventives afin d'éviter une nouvelle crise des Grands lacs qui se profile à l'horizon des élections au Rwanda et au Burundi.

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