Même si elle encourage certains Etats à accélérer les efforts pour achever le processus de transition démocratique, la Cedeao veut rester ferme sur la question de la stabilité dans les Etats membres. A cet effet, le 38e sommet des chefs d'Etat et de gouvernements a fait part de sa détermination à lutter contre les narcotrafiquants et la criminalité transfrontalière qui menacent quotidiennement cette stabilité dans les Etats.
Le 38e sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) s'est ouvert hier sur l'île de Sal, au Cap-Vert. Occasion pour les douze chefs d'Etat et de gouvernements présents à cette rencontre de discuter des problèmes de la communauté. Aux rangs desquels, figure en bonne place la question de la paix et de la sécurité dans la zone ouest africaine, dont les narcotrafiquants veulent faire un terreau fertile de leur sale besogne. Et même si le Président en exercice de la conférence des chefs d'Etat, Goodluck Jonathan, se réjouit des progrès enregistrés dans certains pays membres, qui traversent des crises démocratiques, il affiche néanmoins la fermeté qui doit être de mise pour que cesse les renversements de pouvoirs démocratiquement élus dans la sous région.
Ainsi, considérant que la paix et la sécurité sont vitales à la bonne marche de l'Union, le président du Nigeria invite la Côte d'Ivoire, le Niger, la Guinée Bissau et la République de Guinée, en proie à des difficultés de gouvernance démocratique, à poursuivre leurs efforts pour arriver à la paix et la stabilité dans leurs différents Etats. 'Ces crises ont entravé la marche de l'union vers le progrès. Elles freinent la recherche de moyens pour sortir nos populations des difficultés auxquelles elles font face. Je pense qu'il faut aider la Guinée Bissau à la défense de sa démocratie et encourager la Côte d'Ivoire à aller à des élections démocratiques. Je me félicite aussi du processus de transition qui est en train de s'achever en République de Guinée avec les élections de dimanche dernier. Et j'encourage, au Niger, le Conseil suprême pour le rétablissement de la démocratie (Csrd) à faire pareil pour organiser des élections claires et transparentes dans le pays en 2011', a indiqué le président nigérian.
Goodluck Jonathan pense que les processus de démocratisation dans ces pays sont en bonne voie et peuvent aboutir avec la volonté des uns et des autres de les mener à terme. Néanmoins, prévient-il, 'on n'est pas encore sorti de l'ornière'. Car, pour lui, même si des efforts considérables sont en train d'être faits pour éradiquer les conflits dans la sous région, d'autres menaces guettent l'union et cherchent à enrayer sa stabilité. Et en premier ordre, figurent la criminalité transfrontalière et les narcotrafiquants. C'est pourquoi, Goodluck Jonathan et ses pairs soulignent la nécessité de mobiliser leurs efforts pour le renforcement des cadres institutionnels existants. 'Le trafic de drogue est une grande menace pour la paix, la sécurité et la stabilité de nos Etats. Il nous faudra agir ensemble pour l'éradiquer', renchérit le président capverdien dont le pays accueille pour la première fois un sommet de la Cedeao.
La 'tolérance zéro' aux auteurs de coups d'Etat
En outre, l'on se rappelle que la Cedeao avait annoncé des mesures drastiques contre les auteurs de coups d'Etat dans la zone en leur déclarant une 'tolérance zéro'. C'est la raison pour laquelle, aucun membre de la junte au Niger encore moins de la Guinée ne prend part à ce sommet. Cela, en dépit des processus de transition démocratique dans ces deux pays.
En effet, après la parenthèse Moussa Dadis Camara, la Guinée s'achemine vers un tournant dans son histoire avec la tenue, dimanche dernier, d'une élection présidentielle. Quant au Niger, il devrait connaître des élections l'année prochaine. Ce, après que le Csrd a mis fin au 'putsch' du président Tanja qui voulait de force prolonger son mandat malgré le refus de la cour constitutionnelle nigérienne. Ainsi, le général Salou Djibo, chef de la junte, a nommé un Premier ministre civil et entamé des consultations sur une nouvelle Constitution et des préparatifs en vue de nouvelles élections. Mieux, il a signé un décret qui interdit tout membre de la junte ou du gouvernement de transition à se présenter aux prochaines élections.
Cependant, même s'ils ont déclaré la guerre au banditisme transfrontalier et aux narcotrafiquants, les chefs d'Etat se sont gardés d'annoncer les stratégies à adopter pour les combattre. Un combat qui risque d'être sans doute très difficile à mener dans cette sous région où les frontières sont poreuses et où les moyens à consacrer à cette grande guerre restent encore limites pour la plupart des Etats.

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