Kinshasa — Nouvel épisode dans ce qu'il convient d'appeler le feuilleton Enyele : l'arrestation de l'auteur intellectuel de l'insurrection de Dongo, Ibrahim Mangbama Mambenga, géniteur de Mangbama Lebese Udjani, chef rebelle du Mouvement de libération indépendante des alliés, MLIA, ayant endeuillé la province de l'Equateur, en particulier, la RDC en général.
Aussitôt arrêté, l'auteur intellectuel et gourou de l'insurrection des «Nzobo ya lombo» ayant abouti à la prise de l'aéroport de Mbandaka le dimanche 4 avril 2010, est remis à la justice militaire. Présenté à la presse, le ministre de la Défense nationale a indiqué que la traque dure depuis près d'un mois. Ce sont des éléments des unités spéciales des FARDC qui ont réussi l'exploit de neutraliser Ibrahim Mangbama Mambenga. Désormais, cette partie de la République est sécurisée au point que «le commandant suprême a pris la décision de mettre fin auxdites opérations militaires».
L'arrestation du père d'Udjani en terre congolaise et celle de son fils au Congo-Brazzaville permet d'entrevoir le retour d'une paix durable dans la province de l'Equateur. Toutefois, le besoin d'une justice réparatrice et dissuasive est toujours présent. L'instruction menée par l'auditorat militaire aura plus de retentissement que si le principal accusé, à savoir Udjani, y serait également entendu. Entre la RDC et le Congo-Brazzaville, l'histoire récente ne présage pas d'une extradition certaine de sieur Udjani.
Le procès aura donc un goût d'inachevé dans la mesure où le principal accusé ne se présenterait pas à la barre. Allusion faite à Udjani le fils, détenu à Brazzaville pendant que Udjani père est aux arrêts à Kinshasa.
Cela ne doit pas signifier pour autant que le droit ne peut être dit dans le but de sanctionner les fautes graves commises par les insurgés de «Nzobo ya lombo» à travers les actes de pillages, des massacres des civils, de terrorisme notamment l'arraisonnement du bateau Malaïka, Les sanctions qui s'en suivraient, devraient constituer la manifestation du retour de l'autorité de l'Etat à travers tout le territoire national.
Le feuilleton Enyele ne serait totalement clos que lorsque toutes les personnes impliquées seraient non seulement mises hors d'état de nuire, mais aussi jugées et punies conformément à la loi. C'est le vrai enjeu de cette affaire. Et là, le gouvernement doit mettre en oeuvre tous les moyens diplomatiques à sa disposition pour y parvenir.

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