Les avis sur l'état de l'économie mondiale et sur l'issue de la crise continuent à diverger. Certains rassurent alors que d'autres parlent d'un prolongement de la crise, amplifiant ainsi les craintes sur une nouvelle récession. Il faut dire que la chute des marchés boursiers la semaine dernière a intensifié ces craintes. Ainsi, après la crise de la dette en Europe, ce sont la solidité de la croissance chinoise et la santé de l'économie américaine qui sont venues inquiéter davantage les places boursières. Pour de nombreux experts, l'économie mondiale n'est pas à l'abri d'une rechute et le principal risque pour la planète est celui d'une croissance durablement molle. A ce sujet, l'essayiste français Jacques Attali dira à l'occasion d'une rencontre économique en France tenue samedi dernier : «Les risques sont là. Si on ne change pas de politiques, on va dans le mur.»
«Il y a encore des menaces qui planent sur la croissance mondiale», notera, pour sa part, Laura Tyson, de l'université de Berkeley, en Californie. «Avec l'accélération des politiques d'austérité en Europe, je crains qu'il n'y ait pas assez de soutien pour le secteur privé, alors que c'est nécessaire après une crise financière majeure comme celle que nous venons de vivre.»
Laura Tyson redoute également que le dynamisme des pays émergents ne suffise pas. «Les Etats-Unis, l'Europe et le Japon demeurent une très grosse part de l'économie mondiale, et si la croissance de chacune de ces régions s'avère très lente pendant quelques années, c'est toute la planète qui s'en ressentira», prévient-elle. Face à ces inquiétudes, le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, a assuré dimanche dernier qu'il ne croyait «pas du tout» au risque d'une nouvelle récession. «Au niveau mondial, il est clair que nous sommes en phase de reprise, confirmée particulièrement dans le monde émergent, mais aussi dans le monde industrialisé», a-t-il relevé à l'AFP.
Mais «la croissance n'est pas écrite dans le monde industrialisé, cela dépend de nous», estime M. Trichet. «Cela dépend de la capacité des pays industrialisés à renforcer la confiance» des ménages, des entreprises, des investisseurs et des épargnants, selon lui. Le responsable de la BCE a réitéré que le rétablissement de cette confiance est tributaire «de la bonne gestion budgétaire, une gestion évidemment rigoureuse», que l'on peut, selon lui aussi, appeler «austérité» ou «rigueur».
Il a également assuré que la simultanéité des différents plans d'austérité européens ne risquait pas de nuire à la reprise, comme le redoutent plusieurs économistes mais aussi les dirigeants américains. «Il n'y aura pas de nouvelle récession», estime également Nouriel Roubini, l'économiste célèbre pour avoir prédit la crise financière.

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