Il est assez rare qu'un poète s'adonne aux arts plastiques, sinon en dilettante. Néanmoins, il n'est pas impossible de trouver des exceptions. Le poète égyptien Ahmed Chihaoui, plusieurs fois invité en Tunisie, en fait justement partie. Et c'est dans le cadre de la 33e édition de l'Exposition nationale générale des arts plastiques qui a lieu à l'Opéra du Caire qu'il est présent avec dix tableaux. Les impressions des critiques ont été largement positives.
Dans un expressionnisme abstrait, imprégné d'un cachet très personnel, Ahmed Chihaoui a transposé ce qu'il était habitué à exprimer par des mots, en pigments, touches, formes et couleurs. Mais les lettres sont toujours là, sous formes de graphies et d'inscriptions : elles font partie intégrante des compositions qui dégagent une spiritualité incontestée. Un mysticisme, même, disent des critiques comme Oussama Afifi. Les oeuvres, polysémiques se prêtent à différentes lectures et invitent l'observateur à une interprétation visuelle de niveaux distincts.
Il est à croire que l'expérience picturale de cet artiste, qui porte désormais une double casquette, rejoint à bien des égards sa poésie. Une même sensibilité, un même regard, avec des techniques différentes.
Ahmed Chihaoui, le poète révélé peintre, présentera, à l'automne prochain, au public cairote son exposition personnelle qui comportera près de quatre-vingts tableaux. Après quoi, ses oeuvres voyageront dans plusieurs pays arabes et occidentaux et atterriront même dans quelques pays d'Amérique latine.
Vaste spectre promis donc à la touche de ce poète familier de notre pays, par la voix de son pinceau.

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