Quand on évoque le 4e art ou la bande dessinée en France, on pense tout de suite aux (relativement) petites villes d'Avignon et de Charleville-Mézières. Chez nous, le jazz est depuis des décades synonyme de Tabarka et les arts plastiques du village de Maharès qui a drôlement «grandi» grâce à son festival international lancé à la fin des années 80.
Vingt-deux sessions déjà au cours desquelles Maharès a accueilli des centaines et des centaines d'artistes d'ici et d'ailleurs, cumulant performances et prestige au point que les plasticiens se bousculent pour participer à ce festival et l'insérer dans leurs cartes de visite. A l'image de la majorité des régions côtières, Maharès offre les éléments inhérents à la mer: hospitalité, ouverture, chaleur, dépaysement quand même et fraîcheur, soit l'ensemble des «excitants» à la création. Les rues et la place publique du village en portent depuis longtemps la trace. C'est que de tradition, les invités cèdent leurs oeuvres, créées au cours de leur séjour au festival : peintures, fresques et sculptures.
La 23e session, qui a démarré le samedi 10 juillet et qui se prolongera jusqu'au 24 juillet, ne différera pas tellement des précédentes. Placée encore une fois sous le signe «Pour une création cosmopolite», cette édition réunira près de 100 plasticiens dont plus d'une quarantaine originaires de pays arabes, européens et du continent américain. Il s'agit du Maroc, de la Libye, de l'Egypte, de la Syrie, du Liban, de l'Irak, de la Jordanie, de la Palestine, d'Oman, de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie, de l'Espagne, de l'Allemagne, de la Serbie, des Iles Maurice et du Mexique, en plus de la Tunisie, bien entendu. Des spécialités diverses, des approches et des techniques variées qui fusionnneront deux semaines durant pour donner naissance à des expositions spontanées à aspect cosmopolite avec, pour seul élément unificateur, la créativité inspirée des lieux.
Par ailleurs -- et année de la jeunesse suscite --, deux ateliers pour enfants et pour jeunes artistes sont organisés, animés respectivement par Mohamed Ben Ayed et Sami Ben Ameur. D'un autre côté et parallèlement aux hommages qui seront rendus, le public de Maharès viendra pour débattre avec les invités autour du thème du colloque choisi pour cette année : «la peinture du Maghreb dans le contexte médiatique». Le soir, tout le monde aura droit à des spectacles de musique ainsi qu'à un récital de poésie (Moncef Louhaïbi). Le clou sera sans aucun doute le show que donnera, le 20 juillet, la troupe de musique populaire de Serbie.
Tous peindront, sculpteront et... danseront. La fête totale, quoi!

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