La situation des droits de l'homme se dégrade de jour en jour en Gambie. De dizaines d'opposants sont portés disparus et des centaines d'autres emprisonnés dans des centres de détention secrets à travers le pays, selon Amnesty International.
L'Organisation de défense des droits de l'homme a organisé hier un forum pour dénoncer ces graves violations des droits de l'homme commises par le régime du président Yaya Jammeh.
Le gouvernement du président Yaya Jammeh accentue la répression contre ses opposants et les journalistes. Des dizaines de personnes sont portées disparues et des centaines d'autres emprisonnées, depuis la vague d'arrestations de novembre 2009 et mars 2010.
La révélation a été faite hier à Dakar par Estelle Higonnet, chercheur au bureau d'Afrique de l'Ouest d'Amnesty international lors d'un forum sur la situation des droits de l'homme en Gambie. 'Nous avons une liste de dizaines de personnes portées disparues et des centaines d'autres emprisonnées dans des centres de détention secrets disséminés à travers le pays.
Les prisonniers sont détenus dans des conditions carcérales effroyables souvent isolés dans des cellules exiguës où ils ne reçoivent pas la visite de leurs proches ou de leurs avocats. Nous avons également des informations sur des cas de viols sur les femmes durant leur détention', a-t-elle déclaré.
Amnesty International déplore le silence de la communauté internationale notamment des pays voisins de la Gambie dont le Sénégal et de la Communauté économiques des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao) sur ces graves violations des droits de l'homme.
Elle invite tous les hommes épris de paix et de justice de par le monde à dénoncer la répression à huit-clos pratiquée par le gouvernement du président Jammeh contre ses opposants dont le seul tort est d'avoir voulu exprimer un avis contraire à celui défendu par les tenants du pouvoir à Banjul.
'La liberté reste une illusion pour la plupart des Gambiens, qui vivent dans la peur des arrestations arbitraires, de la torture, de la détention secrète, des procès inéquitables, du viol, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires', souligne l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué remis à la presse.
Amnesty International pointe un index accusateur sur la garde rapprochée du président Jammeh ainsi que sur les membres de certaines unités de la National intelligence Agency (Nia) appelés 'Green boys', 'Ninjas' ou encore 'Drug boys', d'être les auteurs de ces atrocités.
Elle range dans le même registre, les Fields forces (armée) et la police qui se seraient également rendu coupables de graves violations des droits humains depuis l'arrivée au pouvoir du président Jammeh en 1994.

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