Dakar — L'avènement de nouvelles normes internationales sur le travail domestiques est attendu à l'horizon 2011, a annoncé Manuela Tomei, directrice du Programme sur les conditions d'emploi et de travail du Bureau international du travail (BIT).
"Au plan international, la situation ne diffère pas beaucoup. Les normes internationales du travail en vigueur n'offrent pas une orientation appropriée sur la manière d'assurer une protection réelle aux travailleurs domestiques (...)", a-t-elle indiqué citée par dans "Travail", le magazine de l'Organisation internationale du travail (OIT).
Mme Tomei a expliqué que cette situation de faiblesse des normes par le fait qu"'elles ne parviennent pas à traiter le contexte spécifique dans lequel se déroule le travail domestique, soit qu'elles autorisent explicitement leur exclusion".
Cela a conduit le conseil d'administration du BIT à inscrire une question sur "le travail décent des travailleurs domestiques" à l'agenda de la 99ème session (2010) de la Conférence internationale du travail (CIT) en vue d'adopter une norme.
La conférence va traiter cette question selon la procédure de double discussion. Ainsi, signale Mme Manuela Tomei, la CIT va "débattre du caractère souhaitable et de la forme d'un possible instrument international sur le sujet, mais que la décision finale ne sera prise qu'en juin 2011".
"Pour être efficace, une norme internationale spécifique pour les travailleurs domestiques devra réaffirmer les protections auxquelles les travailleurs domestiques ont déjà droit aux termes des normes de l'OIT existantes, tout en reconnaissant leur relation de travail spécial et en leur offrant des normes spécifiques pour faire de ces droits une réalité", a-t-elle ajouté.
Le travail domestique occupe 5 à 9% de la population active dans les pays en développement, une proportion pouvant aller jusqu'à 2,5% dans les pays industrialisés, selon le BIT qui note que le recours à ces employés augmente dans les ménages, "comme stratégie privée pour contrer les tensions croissantes liées à l'équilibre travail-vie familiale".
Constituées pour la plupart de femmes (souvent immigrées), les travailleurs domestiques s'occupent de la cuisine ou du ménage, des enfants, des personnes âgées ou handicapées et mêmes des animaux, alors que les hommes sont gardiens, jardiniers ou chauffeurs, constate la directrice du Programme sur les conditions d'emploi et de travail du BIT.
"En dépit de sa signification sociale et économique grandissante, relève-t-elle, le travail domestique a toujours été et demeure l'une des formes d'emploi les plus précaires, mal rémunérées, dangereuses et sans protection. Les abus et l'exploitation y son monnaie courante, en particulier en ce qui concerne les enfants et les travailleurs migrants".
En plus d'une faible rémunération et de demandes souvent imprévisibles au sein du foyer, ajoute-t-elle, la difficulté augmente pour les travailleurs domestiques de se mobiliser et de s'organiser pour obtenir de meilleures conditions de travail.
"Le domicile étant le lieu de travail, les stratégies d'organisation traditionnelles des syndicats sont inadaptées pour faire face à la condition particulière des employés de maison."
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