Les soins dans les hôpitaux publics gabonais sont toujours très perturbés. Cela fait maintenant trois mois que la grève a commencé et les grévistes menacent d'interrompre, ce vendredi 30 juillet 2010, le service minimum si le gouvernement ne répond pas à leurs demandes.
Les grévistes réclament des primes, des intégrations à la fonction publique, et des meilleures conditions de travail. Mais les négociations sont au point mort avec le gouvernement. Les grévistes menacent de suspendre le service minimum ce vendredi s'ils n'obtiennent pas ce qu'ils veulent. Cette situation pourrait être lourde de conséquences lorsqu'on sait que beaucoup de patients déjà ont du mal à être traités.
Lors d'un entretien à RFI, Monsieur Koumba, un habitant de Libreville, s'est plaint de la situation : « Ma femme devait accoucher. J'ai passé pratiquement deux heures de temps à chercher un endroit où elle pouvait accoucher. J'aurais pu perdre ma femme et l'enfant également ». Les témoignages de ce genre sont nombreux. Si Monsieur Koumba a eu de la chance, d'autres Gabonais ont perdu la vie, faute d'assistance médicale.
A Libreville, les hôpitaux sont quasiment vidés de leur personnel, depuis bientôt trois mois. Tous les jours, dès 10 heures du matin, les blouses blanches se rassemblent au siège de leurs syndicats et espèrent un geste fort de l'Etat. « Cette fois-ci, on veut l'aboutissement total de toutes les situations administratives. Ce qu'on demande là, ce n'est pas seulement pour le personnel. C'est pour toute la population », a déclaré l'un des grévistes. Une infirmière a ajouté : « Je travaille depuis le 5 septembre 2000 et jusqu'à l'heure je n'ai pas de poste budgétaire ». Une autre gréviste s'insurge : « Dans nos lieux de travail, il n'y a rien. Il faudra arranger la situation pour qu'on puisse bien recevoir nos malades ».
Le gouvernement a publié la liste des agents qui percevront leur rappel, dès cette fin du mois. Mais les syndicats pensent que la tutelle esquive les principales revendications. Serges Mikala Moundanga, porte-parole des grévistes, a promis de durcir le mouvement : « Nous pensons qu'il va falloir tout arrêter. Cela veut dire : les consultations et les accouchements vont être arrêtés et à l'hôpital il n'y aura plus de services ».
L'année dernière, la grève pour les mêmes revendications avait duré cinq mois.

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