Au moins, onze personnes ont été tuées mercredi à Mogadiscio lors d'affrontements entre soldats gouvernementaux soutenus par les troupes de l'Union africaine et insurgés islamiques. Ces derniers ont intensifié les attaques contre les quartiers sous contrôle du gouvernement de la transition après l'annonce faite, en début de semaine, par les chefs d'Etat africains, de l'envoi des nouveaux contingents en Somalie pour combattre les milices islamiques, les Shebaab.
Pas de répit pour les habitants de Mogadiscio. Les combattants islamiques ont intensifié ces derniers jours, les bombardements contre les positions tenues par les soldats gouvernementaux appuyés par les troupes de l'Union africaine. Au moins, onze civiles ont été tués mercredi dans la capitale somalienne lors d'une fusillade entre insurgés islamiques et l'armée gouvernementale soutenue par des contingents burundais et ougandais, selon le chef du service des ambulances de Mogadiscio, Ali Muse cité par Associated press. Parmi les victimes, figurent deux enfants et quatre femmes. Au moins, 45 autres personnes ont été grièvement blessées mardi dont sept femmes, lors d'un bombardement aux mortiers contre le plus grand marché de la capitale. 'Quarante cinq civiles somaliens ont été blessés après qu'un obus de mortiers s'est écrasé dans le quartier des bijoutiers, sur le plus grand marché de la capitale, Bakara', précise l'Ap.
Les combattants islamiques, les Shebaab tentent depuis trois ans, de renverser le fragile gouvernement de la transition, soutenu par l'Union africaine, les Nations unies et les puissances occidentales dont les Etats-unis. Les bombardements des quartiers situés sous contrôle des soldats gouvernementaux sont quasi quotidiens depuis 2008. C'est ce que rapportent des habitants de Mogadiscio contactés par des correspondants de la presse internationale.
Les insurgés islamiques ne semblent guère être impressionnés par l'annonce faite en début de semaine par les chefs d'Etat africains réunis à Kampala, en Ouganda, d'envoyer de nouvelles troupes dans le pays pour mettre un terme à ce vieux conflit. Ils refusent tout compromis sur un partage du pouvoir avec les autorités de la transition. Les gouvernements occidentaux accusent l'Erythrée d'armer les milices Shebaab qui prônent l'instauration d'une république islamique en Somalie. De nombreux combattants islamiques affiliés au réseau terroriste du milliardaire saoudien, Oussama Ben Laden, auraient rejoint leurs rangs au cours de ces trois dernières années. Ils avaient été chassés du pays en 2007, grâce à l'intervention musclée des troupes éthiopiennes.
Pendant qu'on se batte au sud et au centre du pays, au Somaliland (nord du pays), les populations célèbrent l'alternance politique avec l'élection d'un nouveau président de la République. Le nouveau chef de l'Etat, Ahmed Mohamed Silanyo, a prêté serment mardi après son élection à la présidence de la République au mois de juin dernier. 'Je transmets la présidence le coeur léger et accueille le président Silanyo, vainqueur de l'élection. Je dis à mes partisans que la campagne et l'élection sont terminées et que le peuple du Somaliland doit désormais être uni et travailler à l'avenir du Somaliland, ainsi qu'à sa reconnaissance', a déclaré le président sortant, Dahir Rayale Kahin, lors de la cérémonie d'investiture du nouveau président de la République.
Ce changement en douceur à la tête du pays, démontre, s'il en était encore besoin, la vivacité de cette jeune démocratie dans ce petit pays non reconnu par la communauté internationale. Le scrutin présidentiel de juin dernier s'était déroulé dans le calme et la sérénité en présence d'observateurs internationaux. Ces derniers estiment que le vote a été, dans l'ensemble, libre et honnête et qu'il marque une étape cruciale dans la voie de la démocratisation du pays par rapport aux deux autres entités (sud et centre de l'ancienne Somalie) en proie à une guerre civile depuis près de deux décennies. Cette ancienne colonie britannique, qui s'étend sur une superficie de 137 mille Km avec une population estimée à un peu plus de 3,5 millions d'habitants, avait fait cession avec le reste de la Somalie après le renversement de l'ancien dictateur, Siad Barre, en 1991.

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