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Burkina Faso: Promouvoir l'irrigation des potagers au goutte-à-goutte

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Il pleut en ce moment au Burkina Faso – certaines régions étant même touchées par des inondations - mais les travailleurs humanitaires et les familles des zones rurales se préparent déjà pour la saison sèche, période au cours de laquelle le manque d’eau tend à décimer les potagers domestiques.

Helen Keller International (HKI) doit distribuer des kits d’irrigation au goutte-à-goutte à usage domestique à quelque 300 familles de l’est du Burkina Faso, qui plantent des fruits et légumes dans le cadre du programme mené par l’organisme en vue d’augmenter la consommation de nutriments essentiels.

Si l’irrigation au goutte-à-goutte est un système de plus en plus utilisé dans le secteur de l’agriculture commerciale, il reste encore peu employé dans les potagers familiaux. « Mais face aux pénuries d’eau, pour continuer d’encourager les familles à cultiver et à consommer des aliments nutritifs, nous sommes en train d’introduire cette technique dans les potagers domestiques », a dit à IRIN Olivier Vebamba, de HKI.

« La période de production est limitée dans certains villages car ils n’ont pas d’eau en quantité suffisante pour répondre aux besoins de la population », a dit à IRIN Ann Tarini-Hien, directrice nationale de HKI.

« Le manque d’eau est un problème de taille au Burkina Faso », a-t-elle ajouté. « Les points d’eau sont rares et éloignés, le niveau de la nappe phréatique est bas – encore plus pendant la saison sèche - et les besoins des habitants sont de plus en plus en compétition avec ceux des animaux ».

Interrogés au sujet de la santé et de la nutrition au Burkina Faso, la plupart des travailleurs humanitaires et des habitants ont immédiatement évoqué le manque d’eau.

Les habitants de Louta, à 50 kilomètres de la frontière malienne, ont ainsi dit à IRIN que les pénuries d’eau entravaient plus que tout autre facteur le développement du village.

Dans l’ensemble du Sahel, le manque d’eau – causé par les conditions climatiques, ainsi que par les infrastructures insuffisantes - touche l’agriculture, l’hygiène et la nutrition.

La préservation de l’eau

Au Burkina Faso, HKI a procédé, en 2008, à un essai des kits d’irrigation au goutte-à-goutte à usage domestique. Cet essai a montré que l’un des principaux avantages de cette méthode concernait la préservation de l’eau, selon M. Vebamba, de HKI, qui a participé au projet.

Il faut 40 litres par jour pour irriguer un potager de 20 mètres carrés au goutte-à-goutte, contre 240 litres pour un arrosage à l’arrosoir, méthode normalement employée par les villageois, a-t-il expliqué.

Selon Hama Arba Diallo, maire de Dori, au Burkina Faso, et président de la branche ouest-africaine du Global Water Partnership, l’irrigation au goutte-à-goutte est un système prometteur « dans ces régions où l’eau est de plus en plus rare », mais il faudra du temps et des ressources pour faire adopter cette méthode à plus grande échelle.

« L’installation du matériel nécessaire à l’irrigation au goutte-à-goutte est coûteuse, et la plupart des gens n’en ont pas les moyens », a-t-il déclaré à IRIN. « Il faut faire en sorte que le matériel et les connaissances nécessaires pour ce faire soient accessibles à davantage de gens ».

M. Diallo s’exprimait au cours d’une rencontre des experts de l’eau et des éducateurs d’Afrique de l’Ouest, destinée à améliorer les programmes universitaires de gestion de l’eau et de génie hydraulique dans la région.


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