Le Messager (Douala)

Cameroun: Opération Epervier - Le procès de Polycarpe Abah Abah s'enlise

A l'issue de la 5ème audience criminelle du 9 juillet dernier, l'on note comme une sorte d'indifférence.

On aurait dit que le tribunal attendait des avocats de l'ex-Minefi, qu'ils tombent dans le piège ; celui d'interjeter appel, après la décision rendu du juge Gilbert Schlick, prononçant l'irrecevabilité des exceptions de nullité de la procédure soulevées par les avocats de la défense.

« Nous avons relevé appel pour des raisons simples : le ministre Polycarpe Abah Abah ne peut pas être jugé pour les faits pour lesquels, il n'a pas été inculpé. Le jugement d'avant dire droit, prononcé par le juge Gilbert Schlick, est en violation du Code de procédure pénale », explique le collectif des avocats de la défense.

A les croire, « la plupart de ces ex-gestionnaires de crédits, interpellés dans le cadre de l'Opération Epervier, sont des victimes expiatoires. Ils font l'objet d'une instrumentalisation de l'institution judiciaire dans le but d'obtenir leur condamnation » s'indignent les avocats de la défense.

A titre d'exemple, bien avant le rendu de la décision avant dire droit, les avocats de la défense avaient décrié et condamné la sortie du ministre de la justice et Garde des sceaux dans les médias.

S'exprimant longuement sur la manière jugée cavalière et sans relief, avec laquelle sont menées à l'abattoir les « coupables » désignés pour détournements des fonds publics dans le cadre de l'Opération Epervier, Amadou Ali avait tiré la couverture de son côté, mettant au défi quiconque de « prouver que toutes les personnes arrêtées dans le cadre de cette opération, n'ont pas volé». Après avoir dénoncé cette « imposture », l'appel contre l'ordonnance avant dire droit, n'est toujours pas mis à l'état.

Le greffe n'a toujours pas notifié aux parties de l'appel interjeté, ni mis l'accusé en demeure de produire son mémoire de défense, ni même qu'il ne s'active à vouloir enrôler le dossier. Du coup, les avocats de la défense pensent qu'il s'agit là des basses manoeuvres mises en place par les pouvoirs publics, dans le but de maintenir l'ex- Minefi en prison, sous le couvert des lenteurs judiciaires.

Cour africaine des droits de l'Homme

« Nous attendons que l'appel interjeté sur le jugement avant dire droit soit examiné et que le dossier revienne au tribunal pour la suite. La Cour dispose selon les dispositions de la loi, de sept jours pour statuer sur les mérites de l'appel ; mais tant que, elle n'est pas saisie du dossier, il est évident qu'elle ne se prononcera pas » rumine le collectif des avocats de la défense.

Pour les avocats de l'ex-Minéfi, le procès qu'ils croyaient propre, n'offre plus les garanties attendues. « Nous pensons qu'il y a lieu de soumettre ce procès à l'arbitrage de la Cour africaine des droits de l'homme » concluent-ils.


Copyright © 2010 Le Messager. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire — ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 130 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations d' AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Comments Post a comment